Assassinat de Nahel

Le 17 juin 2023, un policier tire et tue Nahel Merzouk lors d’un refus d’obtempérer.

prise de parole à l’origine écrite pour être portée par les personnes racisés du collectif pour le rassemblement contre les violences policières du 30/06

L’état français est raciste et colonial, à l’étranger comme en France, et utilise la violence pour continuer à exploiter les non blanch’es.

On avait envie en tant que collectif, et besoin pour beaucoup d’entre nous, de dire quelque chose sur l’assassinat de Nahel.
Déjà parce que ça nous touche politiquement et émotionnellement, mais aussi parce que en tant que collectif, on peut pas dissocier anti patriarcat et antiracisme, et parce que la police est un ennemi commun qu’on doit abolir ensemble.


Les oppressions qu’on subit sont croisées, viennent du même système, l’état bourgeois, le capitalisme, le libéralisme. Les outils sont parfois différents, mais l’objectif reste le même. Exploiter les minorités, en faire des outils, des objets, et violenter, humilier, contraindre par la force toustes celleux qui ne répondent pas aux attentes impérialistes, patriarcales, capitalistes.

Pour les meufs et trans-pede-gouines+, on nous assigne au taff de soin, sexuel, des taffs au mieux difficiles et précaires, au pire gratuits et malsains pour nos vies, nos corps.

Pour ce qui est des personnes racisé.es, on nous impose de se salir les mains pour ce que les blanc.hes ne veulent pas faire. On nous enferme dans la précarité, et on nous oblige à renier nos cultures, à s’exploiter au taff bien plus que n’importe quel blanc, à subir en se taisant le racisme ambiant, pour espérer avoir une chance de s’en sortir. Nos genres, nos orientation sexuelles, ont aussi un impact sur le racisme qu’on subit. Aux hommes racisé.es d’être les cibles privilégiées des keufs, aux meufs et aux queers racisé.es d’être victimisées et paternalisées par tout un système, y compris même par le féminisme blanc qui se prétend nous défendre.


Et si tu réponds pas suffisamment bien à ce parcours d’intégration, alors faudra affronter les descentes de keufs, leur violence, et leurs assassinats arbitraires. La je parle qu’en France, mais les règles sont les mêmes ailleurs, avec des niveau d’exploitation différents. Pour le plus récent, on pense à la colonie israélienne implantée en Palestine qui continue à assassiner des palestiniens, pendant le ramadan cette fois ci, dans ce que l’Europe appelle « Un conflit ». On pense au Soudan, un pays dont les frontières ont été tracés à la règle par les colons, et qui vit un conflit armé entre deux factions soutenus d’un côté par l’occident, de l’autre par la Russie, pour le droit d’exploiter les noir.e.s dans l’extraction d’or.


L’état français est raciste et colonial, à l’étranger comme en France, et utilise la violence pour continuer à exploiter les non blanc.hes. Et c’est aussi parce que l’État est pronfondément raciste, que le discours haineux de l’extrême droite est banalisé. C’est parce que l’État applique une politique sociale d’extrême droite, propose des lois anti-asile et immigration et tente de dissoudre des collectifs anti-fascistes et antiracistes que les fachos agissent en toute impunité.


Nahel il avait 17 ans, et il est mort du système raciste qui l’entoure. Un système qui parle d’ensauvagement de la France par les noir.e.s et les arabes, et qui justifie par ça les assassinats dans les quartiers populaires. Un système qui permet, qui ordonne les violences pour faire taire les immigrés.

On peut pas laisser passer ça, on doit faire front uni pour lutter contre la police, contres ses violences, contre l’impérialisme dont ça découle. On doit lutter ensemble contre le racisme d’État, le capitalisme et le patriarcat qui sont des systèmes d’exploitation qui se complètent et s’auto alimentent.


Que ce soit face aux prolos, aux meufs, aux queer, aux racisé.es :
la police mutile ! la police assassine !


Nous sommes le nombre ils sont la Force répressive de la minorité privilégiée, nous serons une force collective si nous nous reconnaissons et nous rassemblons.

A bas, l’État, les flics et les fachos !

Sur l’adoption de la loi asile et immigration

Loi asile et immigration

Effondrement républicain ou racisme d’état ?

Comme attendu, la macronie s’est une fois encore alliée aux LR et au RN pour passer ensemble un texte ignoble : la loi asile et immigration. Tandis que le RN et les LR, que plus rien ne distingue depuis longtemps, se gargarisent d’une victoire idéologique, l’exécutif lui a encore l’audace et l’indécence de parler d’en même temps, de « fermeté et d’humanisme » et de chemin démocratique. Pendant ce temps là, nous ne pouvons que constater une fois de plus la fascisation du champ politique français.

Si Borne se targue de permettre via cette loi la régularisation des travailleur.euse.s sans papiers, ce qu’elle ne nous dit pas, c’est que pour cela il faudra résider en France depuis 3 ans, avoir travaillé au moins 12 mois dans un secteur en tension et que ces régularisations se feront au cas par cas par la préfecture, le tout pour un titre de séjour d’un an. Sans parler des quotas sur le nombre de titres de séjour délivrés qui seront fixés par le Parlement.

Toujours sur les titres de séjour, cette loi s’attaque aussi aux étudiant.e.s qui devront désormais prouver le « sérieux » de leurs études et payer une caution fermant la porte des universités françaises à celleux qui ne sont pas issu.e.s de familles bourgeoises. Les étranger.ère.s malades sont aussi concerné.e.s par ce durcissement, si le traitement existe dans leurs pays d’origine (même s’il est inaccessible) alors pas de soins, démerdez-vous, et si titre de séjour il y a, la prise en charge par la sécurité sociale ne sera plus universelle.

Quant à l’AME (Aide Méciale d’État), si elle n’a finalement pas été supprimée par ce texte, Borne annonce déjà vouloir repenser le dispositif en 2024 pour ravir la droite.

Obsession de la droite toujours, le regroupement familial est encore une fois durci, il faudra désormais attendre 2 ans pour ne serait-ce qu’entamer des démarches. Plus dangereux encore, le droit du sol ne sera plus automatique et sera refusé si lae mineur.e est sujet.te à une condamnation.

Retour aux années de plombs, cette loi vient aussi rétablir le délit de séjour irrégulier, ce qui provoquera de multiples amendes, arrestations, placements en CRA et donnera une fois de plus des raisons de faciliter l’expulsion des exilé.e.s. Il y aura également une exclusion totale d’accès des hébergements d’urgence pour les personnes sans papiers sous OQTF. Et désormais, il sera possible de déchoir de sa nationalité une personne ayant commis un homicide sur une personne dépositaire de l’autorité publique, au hasard un flic.

Pour finir sur ce triste descriptif, cette loi vient nourrir l’extrême droite et son idée de préférence nationale en limitant les allocations familiales, l’APA et les APL selon des critères de présence sur le territoire durcies, et instituant une différence entre celleux qui travaillent qui ne devront attendre “que” 30 mois et les autres qui devront résider depuis 5 ans sur le territoire. Bref, cette loi s’appuie et renforce encore une fois le racisme d’État.

Car oui, cette loi s’inscrit dans un contexte et ne sort pas de nulle part, elle n’est pas non plus le simple fruit d’une fascisation récente de la france, mais bel et bien de l’histoire de la République française.

Cette même République qui a colonisé et gère toujours ses territoires extra-marins comme des colonies, qui essaie coûte que coûte de maintenir son influence sur ses anciennes colonies via la France-Afrique. Cette même République qui, si elle se vante d’apporter ses lumières humanistes au monde, n’a fait que nourrir dans un premier temps le racialisme (l’étude des « races humaines ») pour justifier son appropriation des ressources et son exploitation des corps non-blancs, puis mis en place des contrats sociaux racial tel que le code de l’indigénat pour maintenir son emprise sur Les peuples colonisés. Cette même République qui a produit Vichy et ses lois antisémites. Cette même République universelle qui a spolié l’autonomie des luttes antiracistes pour pouvoir maintenir son racisme d’état (Touche pas à mon pote, SOS Racisme).

Il serait impossible de citer toutes les lois racistes promulguées : des restrictions du droit d’asile aux trop nombreuses lois immigrations. À chaque fois, elles tricotent par-ci, détricotent par-là, mais dans l’ensemble la tendance générale a toujours été au durcissement ; accompagnant par la même le bon vieux racisme républicain.
Chaque loi précarise encore plus les personnes immigrées avec ou sans papiers, compliquant leurs quotidiens et rendant plus difficile la sacro-sainte intégration soi-disant recherchée. Les logiques exploitatrices des personnes immigrées se font également toujours pesantes, car les débats de fond (y compris ceux portés par la gauche institutionnelle) différencient toujours le « bon » et le « mauvais » étranger, à savoir celui qui travaille et celui qui est assisté, en le soumettant au chantage aux papiers, aux logements, aux soins, à l’éducation.

Outre les lois immigration, depuis plus de trente ans, les lois racistes et islamophobes s’enchainent allant de la loi contre les signes religieux ostentatoires, dit loi sur le voile de 2004, à celle sur le séparatisme en 2021, en passant par l’accumulation de lois racistes sous prétexte sécuritaire en particulier depuis les attentats de 2015. Rappelons qu’une grande partie de ces lois ont été passées sous des gouvernements dit de gauche qui n’ont fait qu’accompagner les politiques racistes.

Arrêtons de parler de dérive républicaine, la République est structurellement raciste et permet depuis toujours les politiques coloniales. Au lieu d’avoir honte pour des valeurs égalitaires jamais appliquées, nous devons lutter concrètement pour le droit des personnes exilées et/ou racisées. Quand nous entendons des syndicats ou des partis s’offusquer de cette loi et vouloir désormais lancer un mouvement social d’envergure, quelle indignité ! Depuis plus d’un an, les premier.e.s concerné.e.s et les organisations qui les soutiennent essaient de lancer un mouvement autour de cette énième loi immigration, sans que jamais ces mobilisations n’aient été réellement soutenues et visibilisées par les partis et syndicats de gauche – et ça vaut aussi pour la mouvance autonome dont nous faisons partie.

Il existe des luttes victorieuses qui sont toujours soit invisibilisées, soit utilisées comme token par les partis et syndicats de gauche sans que ces derniers viennent s’investir dans ces luttes. Récemment, les gilets noirs et les collectifs des sans papier.e.s 75 ont obtenu une victoire. Après avoir construit patiemment une unité parmi les ouvrier.e.s, iels ont occupé le chantier, Pour les JO 2024, porte de la chapelle. Puis ont négocié avec la mairie Pour obtenir la régularisation de toustes les grévistes.

S’il faut se réjouir de cette victoire, elle ne peut se suffire, car seule une lutte sur le plan national pourrait améliorer durablement les conditions matérielles d’existences des personnes sans papier, qu’elles travaillent ou non, elles qui subissent le pire de ce que produisent nos systèmes capitalistes.

Hier à Rennes, nous étions plus de 2500 à défiler contre la nauséabonde loi Darmanin, c’est bien et nécessaire de se réveiller maintenant, mais un coup d’éclat ne suffira jamais et seule une mobilisation massive et continue pourra aller au delà des luttes sectorielles et contrer l’hégémonie culturelle de l’extrême droite. Si on prétend vouloir lutter sur ces sujets, il est temps d’écouter et de rejoindre les luttes des personnes concernées au lieu de rester dans un antiracisme moral qui s’indigne quand une loi passe, à savoir quand le combat est déjà perdu.

Les politiques racistes et fascisantes ne s’arrêteront pas d’elles-même et les politiques qui concernent les étranger.e.s sont toujours un laboratoire pour précariser la société, il nous est nécessaire de construire de fortes mobilisations antiracistes, sociales et antifacistes, alors mobilisons-nous.

Cortège décolonial 2025

Appel à un cortège décolonial pour la Pride de Rennes 2025

La première Pride était une révolte queer racisée

Ça s’est passé à Stonewall en 1969, voilà la vérité historique sur la marche des fiertés, qui s’est petit à petit blanchisée et dépolitisée. Depuis les années 2000, la Pride est devenu une simple fête, une célébration des identités LGBTQI+ individualisées et acceptables. Les marginaux-ales ont été effacées par les chars NRJ et Nike et leur consommation « pinkwashée », leurs arc-en-ciels sur des baskets issues de l’exploitation honteuse des personnes racisé·es des pays colonisés ; les personnes handies ont été effacées au profit des LGBTQI+ libéraux, profitant de leur fête annuelle sans faire gaffe à personne, avant de laisser leur communauté seule face aux oppressions qu’iels subissent ; les racisé·es et exilé·es ont été effacées au profit des cortèges des syndicats de policiers gays, du féminisme blanc et des homonationalistes.

Ça suffit !


On refuse que la marche des fiertés ne soit que la marche des plus privilégié.es d’entre nous, on refuse que ca soit une marche de riches, blanc·hes, valides !
Toute l’année, les plus opprimé·es d’entre nous subissent le patriarcat, le racisme, le colonialisme, le validisme, le capitalisme.
Toute l’année, on nous impose de rentrer dans les clous et d’être suffisamment intégré·es, pas trop choquant·es, faute de quoi la punition sera violente. Toute l’année, on nous sexualise, nous insulte, nous frappe, nous rejette, nous harcèle, nous mutile, on tue nos frères, sœurs, adelphes.

La Pride ne sera pas qu’une Pride de blanc·hes

La Pride ne sera pas qu’une fête, pas seulement un moment sympa ou danser sans « se prendre la tête ». La Pride sera une marche de mémoire et de luttes !

Cette année, les queer racisé·es et exilé·es auront un espace pour faire vivre leurs idées, leurs cultures, leurs vécus. Cette année, les antiracistes et les décoloniaux auront un espace pour revendiquer leurs idéaux politiques, et les stratégies et outils pour les mettre en place.

Parce que les LGBT+ sont partout, et ne sont
pas que blanc·hes, l’antiracisme est l’affaire de toustes.
Cette année, les gens à qui les luttes queer racisé·es tiennent à coeur pourront l’exprimer, et créer des liens entre elleux.


Pour toute ces raisons, il prendra vie un cortège décolonial à la Pride de Rennes, entre queer, racisé·es et/ou allié·es !
Rejoignons-nous, rencontrons-nous, apprenons-nous, et créons les bases de liens forts entre les luttes LGBT+ et antipatriarcales, et les luttes antiracistes et décoloniales !

Nos revendications

Contre le colonialisme

Nous voulons la fin des logiques extractivistes
coloniales (lithium, uranium), la fin des
frontières si meurtrières (et de FRONTEX), la fin
du génocide a Gaza et au Congo pour les
intérets occidentaux. Reconnaissance et
réparation à Haiti.

Contre l’enfermement

La prison est inhumaine. Le système pénal sert uniquement au maintient du capitalisme, du racisme, du colonialisme, du patriarcat et du validisme. Elle n’aide pas la société, elle pousse à la violence, et détruit des vies. Elle est instrumentalisée pour faire taire nos luttes.
Fin de l’internement forcé, la psychiatrie comme tous les lieux d’enferment tue.

Respect et dignité pour les sans papier·es

Nous voulons la fin du fichage administratif, la
fin des papiers d’identité et la fin des nécro-
politiques envers les sans-papier·es ou exilé·es.

Contre l’islamophobie


L’islamophobie, c’est un système qui vise a opprimer les personnes musulmanes, à leur enlever leur humanité, pour pouvoir coloniser et détruire leurs espaces, leurs cultures, et leur vies.
Nous voulons l’abrogation de la loi de 2004 dite contre le voile à l’école, l’arrêt du harcèlement médiatique, et la lutte contre les attentats islamophobes (assassinat d’Aboubakar Cissé, attaques de mosquées).
Nous ne sommes pas les « barbares terroristes islamistes radicaux » que décrivent les médias.

La fin du racisme dans les commus LGBTQI+


Nous refutons l’opposition supposée entre queer et « barbares », pour que vive les cultures et luttes queer racisé·es dans nos espaces.

Contre l’homo/fémonationalisme


Nous refusons l’instrumentalisation des droits des femmes et des personnes LGBTQI+ dans le seul but de mettre en place des lois racistes et coloniale.

Un accès au soin pour tous.tes


Nous voulons la fin des discriminations au soin
par racisme ou transphobie, une gratuité des
soins garantie pour toustes et la fin des
mutilations des personnes intersexes.

Pour la Justice et la Vérité pour Babacar Gueye

Babacar Gueye a été assassiné à Rennes par la police en 2015, comme tant d’autres, à cause de la négrophobie. Justice et Vérite aussi pour Angelo Garand, assassiné par le GIGN à cause du racisme anti-tziganes.
Justice pour les assassiné·es dans les prisons, ou par les flics à l’extérieur.

Contre le capitalisme et sa précarité

Pour la création de réseaux de solidarités conséquents et inclusifs, l’application du droit au logement, la protection du RSA et du chômage.

Travail dans nos communautés

Nous souhaitons que nos communautés se posent sincèrement la question des oppressions qui se reproduisent en leur sein.
Nous encourgeons une prise de conscience que nos espaces restent innaccessibles à de nombreuses personnes pourcause de racisme, transphobie, mais aussi d’inadaptation aux personnes handie, ou en galère financière.


Nous voulons faire vivre les cultures queer racisé.es au sein des luttes queer !
Pour ca il est aussi nécessaire de sortir de nos visions occidento-centrée, de reconnaitre les violences que l’on fait vivre aux personnes exilé·es. Et d’admettre que nous recréons des normes racistes (dans la parole, les modes d’organisation..) qui excluent les plus fragilisé·es d’entre nous.

Il est donc nécessaire d’etre à l’écoute et d’adapter nos espaces aux besoins (espace de repos ou d’isolement, repenser le format des reunions, rendre nos textes lisibles pour les personnes dyslexiques…). De mettre en place des aides financières pour celleux qui en ont besoin, insister sur la gratuité pour les personnes en galère de thunes et encourager les personnes avec des privilèges financier à filer des thunes! Il est important de mettre en valeur et de laisser la place aux personnes exilé·es. De soutenir leurs combats,et d’aider à porter leurs voix.

Nos revendications vous intéressent ?
Rendez-vous sur expansive.info, on en parle bien !

Journée de lutte contre les violences faites aux travailleur’euse’s du sexe 2024 — prise de parole


L’autonomie, c’est un truc qu’on porte à la FRAP. C’est l’idee qu’on attend personne pour changer nos propres situations. Qu’on va pas demander l’autorisation à qui que ce soit pour faire en sorte de vivre mieux, plus dignement. Qu’on va pas laisser nos ennemis diriger nos vies en attendant qu’on ait un peu gagné du terrain.

L’autonomie, c’est sûrement un des trucs qui nous lie le plus aux luttes des TDS. On a des accords sur le fond bien sur, et puis on vit des oppressions similaires entre queer, TDS, salopes, bizarres. Le rejet, le dénigrement, l’infantilisation, les violences vénères, on a ça en commun. Et puis y’a beaucoup de genstes qui sont Trans-Pédé-Gouines-Inter (TPGI) et TDS, parce que l’accès à un taff qui paye bien et où ton patron et tes collègues te chient pas dessus, c’est pas ce qu’il y a de plus simple quand t’es TPGI. Alors TDS c’est un choix qui se tient. Et ne voir que des victimes parmis les TDS, c’est infantilisant, insultant, et une erreur.

Le pont entre nous et les luttes des TDS se fait aussi dans l’approche collective. Parce qu’en vrai, y’a pas de lutte plus autonomistes que celles des TDS. Dans ces luttes, ça bosse ensemble, ça créer des réseaux d’entraide et de solidarité, ça casse les couilles aux gens qui nous font chier, ça parle a toustes les TDS. Ça attaque, ça se défend, ça massifie. Et puis surtout, ça le fait sans attendre l’autorisation de personne, ni la validation de la gauche molle et des féministes trop prudes, ni le changement d’un système pourri. Ça impose ses choix, ça gagne en légitimité dans la gauche politique par la force des solidarités et de l’argumentaire, sans attendre le réformisme et ça bouge le système patriarcal.

Les luttes des TDS sont un vrai exemple d’autonomie, c’est un modèle qu’on aime, qu’on veut défendre et qu’on portera ensemble !

On le portera ensemble jusqu’à ce qu’on ait créé des vrais réseaux de solidarité qui tiennent la route et qui soient accessibles à toustes. C’est pas l’Etat qui nous aidera, on le fera par nous même : on se filera du matos de santé sexuelle, on prendra soin des gens qui ont vecu des agressions de merde, on se nourrira ensemble quand c’est la dèche, on s’hébergera quand on se fera virer de nos apparts. On portera ensemble l’autonomie en y invitant toustes les gens à qui ça parle. On s’ouvre, on se forme, on s’apporte, et on laisse personne sur le côté. C’est trop facile de parler de massification quand ta masse compte pas les queer, les bizarres, les racisé.es, les handi.es, les marginaux, les TDS.
On laisse personne sur le côté, on bosse ensemble, et on fait en sorte que ça marche.

On portera ensemble l’autonomie jusqu’à ce que nos ennemis tombent.

Les abolos, elles sont plusse financées, ont des meilleures places dans les sphères de pouvoir. Mais nous on a la force du vécu, de la réflexion, de l’entraide. On a pas leur pouvoir, mais on est pas démunies. On démontera leur discours jusqu’à ce qu’elles soient forcer d’assumer qu’elles sont des féministes en carton animées par des valeurs conservatrices rabougries. Et on les virera de leurs espaces de pouvoir qui leur offre le droit de mépriser les TDS. On se débrouillera ensemble, pour faire que celleux qui veulent arrêter le travail du sexe puissent le faire. Pour faire que celleux qui doivent sortir de l’exploitation sexuelle et de la traite d’humain soient soutenues. Mais aussi, pour que celleux qui veulent continuer puissent travailler dans les meilleures conditions.

Tant qu’on aura pas aboli le capitalisme, on ne prive pas une personne de son taff et de son salaire parce qu’il est issu du patriarcat. Sinon soyons cohérent : interdisons d’être d’ouvrier d’usine, c’est capitaliste et productiviste, interdisons d’être auxiliaire de vie, c’est patriarcal, validiste et raciste.
On ne prive pas les plus précaires d’un des seuls taff accessibles : daronnes seul.es, étudiant.es, migrant.es, racisé.es, handi.es, fols, sont sur- représentées dans le travail du sexe parce que c’est un des seuls taffs qui donne une rémunération suffisante, sans études, avec peu de temps de travail en direct et beaucoup d’heure à distance. On ne prive pas un.e TDS de son droit à se protégé.e et à être entouré.e : illégaliser la consommation du travail du sexe, rendre n’importe quel soutien autour des TDS proxénète selon la loi précarisante, filer une alloc de merde à 350€ aux gens qui arrêtent le travail du sexe et dépendant de la validation de la préfecture, c’est une honte : c’est inutile, dangeureux, isolant, ça n’aide personne.
C’est de la merde !

Et surtout, on ne prive pas les TDS de leurs accès à un droit du travail digne parce qu’on est pas foutu de faire la différence entre agression et travail, entre exploitation sexuelle et travail du sexe ! et que vive l’autonomie des luttes des TDS !

Honte aux abolos, que crève votre discours pétés, et que vive l’autonomie des luttes des putes !

TDoR 2024 – Prise de parole

Texte de notre prise de parole au TDoR 2024 à Rennes

En cette journée de commémoration de nos morts et mortes, nous savons que la tristesse est la première émotion qui nous vient. Bougie, couronnes de fleurs… On repense à celleux qu’on a perdu-e-s, celleux qui sont passés pas loin, et aux deuils à venir.

Vivre Trans, c’est vivre avec la connaissance que nous, nos proches et/ou nos adelphes seront opprimé-e-s, agressé-e-s, humilié-e-s, régulièrement assassiné-e-s.

350 d’entre nous tués en un an. Parmi ces victimes, un peu moins de la moitié étaient Travailleureuses du Sexe. Une propotion qui diminue graduellement chaque année depuis 2008. Non pas qu’ils tuent moins les TDS, les assassins s’attaquent surtout de plus en plus à d’autre catégories. De plus, beaucoup des victimes sont jeunes, 1/3 avait entre 31 et 40 ans. 1/4 entre 19 et 25 ans. Également, 15 mineurs assassinées.

Toujours plus de mortes, et pourtant les situations sont si familières : Essentiellement des femmes trans non-blanches et notamment noires. Près d’une sur deux travailleureuse du sexe.

Et comment être surprise quand partout dans le monde, notamment occidental, le fascisme gonfle, avance, prend le pouvoir. C’est lui, le fascisme, qui peint toujours une cible dans le dos des mêmes : femmes, TransPédéGouineInter, travailleuses du sexe, personnes racisées.

C’est en s’appuyant sur ses piliers du patriarcat et du racisme que cette idéologie mortifère nous marginalise, fait de nous des bizarres, des innacceptables,.. des queers.

Mais bien souvent aussi, des dispensables, des dérangeantes… des dérangées. Toustes le savent bien : dans nos communautés de marginalisé-e-s, il y a beaucoup de personnes handicapé-e-s, beaucoup de personnes folles. Aujourd’hui, extrême centre, néo-libéraux et fascistes travaillent main dans la main pour organiser la mise au travail de gré ou de force. Une nouvelle « loi immigration » annoncée pour 2025. La violence contre les pauvres en criminalisant toujours plusse les SDFs et les squatters notamment. Aux handicapées rejetées par un monde du travail toujours plus violent, le gouvernement entend proposer le suicide, avec l’appuie même des forces politiques de gauches.

Des année-e-s qu’on hurle : « plus jamais ça ! », « assez ! », « pas une de plus ! ».

Chaque année il est de plus en plus clair que ni nos cris, ni nos larmes, ni notre sang ne les feront bouger. Il n’y a rien à attendre des institutions qui au mieux nous donnent moins que des miettes.

Alors pour avancer, il faudra aussi s’attaquer au validisme et au sanisme.

Trêve de constat. Maintenant on fait quoi ? Répondons à l’unisson : ORGANISONS-NOUS !

Il est plus que jamais urgent de donner de la substance au mot communauté que nous utilisons toustes tant. C’est par l’auto-gestion que l’on gère le mieux nos transitions médicales. Par l’autonomie dans le TDS que l’on trouve notre subsistance. C’est dans la solidarité que réside notre résilience. C’est dans le collectif qu’éclot notre pouvoir.

Et puis, sortons les crocs !

A force de voir les mêmes atrocités se reproduire, voire empirer, sans rien pouvoir y faire, on sombre. On doit réussir a attaquer ceux qui nous attaquent. On doit cibler nos objectifs, savoir pourquoi on les attaque, et y aller fort pour ne plus laisser exister ce qui nous tue. Le 25 novembre au soir, attaquons la Nuit du Bien Commun, un événement de milliardaires anti-IVG, anti-trans, qui vient tranquillement diffuser ses idées morbides à Rennes. Attaquons les pseudos soignant.es qui nous pourrissent la vie et nous empèchent d’aller mieux quand le monde nous déboite trop : médecins, psychiatres, endoc’… on a toustes des expériences de merde avec certain.es d’entre eux… Alors empêchons les de continuer à agir de la sorte !

Attaquons les collectifs abolitionnistes, qui foutent dans la merde les plus précaires de nos communautés : Amicale du Nid, Osez le Féminisme, ça dégage de Rennes !

Attaquons le racisme systémique et ceux qui le représentent, ceux qui valident et utilisent les frontières pour arme d’oppression des personnes racisé.es !

Attaquons Thales, Carrefour, qui soutiennent un
génocide de masse, attaquons Apperé qui laisse
les migrant.es à la rue !

A nos ennemis : ne confondez pas nos larmes avec de l’impuissance. Sous notre tristesse bouillonne la rage de changer cette société dégueulasse qui nous marginalise et voudrait nous voir nous cacher, sinon disparaître. Nous ne sommes pas des victimes par essence. A leur projet politique infecte, nous répondrons par la force de l’organisation et de la solidarité.

Nous sommes Queer, vénères et révolutionnaires.

Votre monde tombera.
Nous le démantèlerons.
Brique par brique, mur par mur…

Tremblez, on arrive.

Face aux transphobes qui grouillent la riposte s’organise

TRADUCTION DE 7 TEXTES DU COLLECTIF DE JEUNESSE TRANS « TRANS KIDS DESERVE BETTER » SUITE À LEUR ACTION DU 11 OCTOBRE

Tradicton de 7 textes du collectif de jeunesse trans « trans kids deserve better » suite à leur action du 11 octobre.

TRIGGER WARNING : transphobie, suicide.

Contexte de l’évènement

Vendredi 11 Octobre se tenait une réunion de transphobes d’Outre-Manche organisée par la LGB Alliance1 et avec comme invité.es bon nombre d’assos telles que le Women’s Right Network, les LGB Christians, Sex Matters, ou encore le Bayswater Support Group.

Sous leurs faux-airs « LGB »-friendly ce sont en réalité une majorité de personnes cishet liées à l’extrême-droite britannique qui s’y cachent. Avec comme seul objectif de mettre à mal nos existences de personnes trans. Et qui d’autre pour ouvrir le bal que la seule et l’unique Joanne Kathleen Rowling en facetime depuis son yacht (c’est même pas une blague !).

Et alors que la fête battait son plein et que les fascistes se réjouissaient du fait que personne n’était venu protester leur petite réunion, près de 6.000 criquets furent lâchés de l’intérieur par 4 jeunes du collectif Trans Kids Deserve Better pour perturber l’événement.

De fait, iels ont réussi et la fête a coupé court. Iels ont déguerpi.es et les camarades de Westminster ont empêché les groupuscules fascistes de se réunir pour une durée prolongée.

Témoignage d’un.e gaminsecte (1/7)

J’ai pris part à l’action des criquets parce que je suis fatigué’e de voir que certain’es pensent qu’iels savent mieux que nous ce qui est bon pour nous. Je suis en colère.

La LGB Alliance est une organisation qui répand la haine et la désinformation envers la commu trans. Avant que nous ne libérions les criquets, la conférence s’articulait autour de discours transphobes et nos identités étaient traitées comme sujet de débat et était un moyen pour elleux de déverser leurs idées réactionnaires. Si nous n’y eussent pas mis fin, les issues de cette conférence auraient été dévastatrices pour la jeunesse trans du Royaume Uni !

Le climat actuel au Royaume Uni pour les personnes trans est menaçant. De plus en plus de nos droits, de notre dignité, de notre accès au soin et à la transition, nous sont retirés, en parti à cause d’organisation telles que la LGBA qui possède un soft-power immense dans notre politique nationale, et qui tente de nous réduire au silence en prétendant qu’iels « savent mieux que nous ». Personne ne sait mieux que nous ce qui est bon pour nous ! Nous refusons l’oppression ! Nous élèverons nos voix et continuerons à pratiquer l’action directe !

Nous continuerons à nous battre avec rage et amour !

-Joker

Témoignage d’un.e gaminsecte (2/7)

Me rendre à la conférence de la LGBA m’a conforté’e dans l’idée que, au pire, les TERFs sont détestables, que se sont des gens qui ne pensent qu’à faire souffrir les autres, ou au mieux des gens qui tentent tant bien que mal de se faire entendre et de passer pour des « bon’nes féministes », et qui ruinent les vies d’enfants dans le processus.

Je suis tellement fatigué’e à ce stade. Les gens qui m’étaient les plus proches ont ruiné ma relation avec elleux. Leur réticence à se soucier de moi a anéanti mon amour, ma santé mentale, ma sécurité, et ma putain de paix intérieure.

Ce que font les transphobes c’est rendre nos existences difficiles, de prendre un petit déjeuner, d’étudier, jusqu’à parler à ses ami’es et à sa famille. Iels te mettent une voix dans la tête qui te raconte pourquoi tu mériterais de mourir. Iels mettent des lois en place qui poussent des gosses au suicide. C’est pourquoi cette action était nécessaire. Nous refusons de les laisser nous tuer. Nos vies et nos voix seront entendues. Iels ne peuvent pas nous empêcher d’exprimer notre joie de vivre pour toujours.

Badger

Témoignage d’un.e gaminsecte (3/7)

J’ai pris par à cette action car que je crois qu’il y a un besoin urgent d’actes militants pour les droits trans, et car je suis fatigué’e des politiques de respectabilités représentant le mouvement de libération trans.

La jeunesse trans réalise des actions risquées car nous débordons d’amour mutuel et d’espoir de construire quelque chose de mieux. Je ne me suis jamais senti.e aussi confiant.e qu’un monde libre et meilleur est possible, que quand je suis qu’avec mes camarades de Trans Kids Deserve Better. Je vois les liens de nos futurs se tisser à chaque réunion, dans chaque rire que nous partageons. Mais nous pratiquons aussi l’action directe car nous n’avons pas d’autres choix. C’est avant tout une question de survie et, peu importe à quel point l’Etat aimerait que nous le fassions, jamais nous ne nous excuserons de vivre.

La lutte pour les droits queer et trans a toujours été menées par des émeutes, du militantisme, et en prenant ce qu’on méritait sans attendre qu’on nous le donne. La libération trans ne sera jamais gagnée par des affiches ou des mails, mais peut être remportée en perturbant des conférences ou en occupant des bâtiments. Je n’ai pas à tolérer ou à discuter avec des groupes dont le seul but est de se débarrasser de mon existence. Je refuse de débattre avec eux.

Soutenez les enfants trans. On mérite mieux.

-Robin

Témoignage d’un.e gaminsecte (4/7)

Moi et tant d’autres enfants trans sommes fatigué’es de la façon dont nous sommes traité’es en politique, dans les institutions de santé, à l’école et dans nos vies quotidiennes. Et la seule raison d’existence de la LGBA est de rendre ce traitement encore pire. L’alliance LBG s’est opposée à une loi interdisant les thérapies de conversions, et iels revendiquent que celles-ci existent uniquement pour « aider ».

Quand j’avais 12 ans j’ai tenté de m’ôter la vie pour la première fois parce que je me sentais enfermé’e dans mon propre corps, et avec la liste d’attente interminable de la NHS2 et les cliniques privées étant si chères, j’en était venu.e à la conclusion que je ne pourrais jamais avoir accès à une transition médicale. Quatre ans et beaucoup de recherches plus tard, je me sens tellement moins bloqué.e maintenant que je sais que j’avais tord et que je pourrais transitionner plus tard. Je suis capable de vivre une existence heureuse parce que je sais que je ne suis pas coincé.e pour toujours, et cette liberté me permet de concevoir et de construire un futur que je suis sur’e d’aimer.

L’alliance LGB veut empêcher les personnes trans d’avoir accès aux transitions médicales, et ça me terrifie. L’idée d’être bloqué’e dans un corps qui ne me convient pas sans possibilité de changer est glaçante, et je souhaitais que la LGBA voit et comprenne ne serait-ce qu’un petit peu ce sentiment. J’ai pris part à cette action parce que être bloqué’e dans un corps qui ne me convient pas sans possibilité de transition est comme être bloqué’e dans une salle de conférence pleine de crickets.

-Chris

Témoignage d’un.e gaminsecte (5/7)

J’ai decidé d’agir contre l’alliance LGB car nous ne pouvons pas nous permettre de les laisser avoir des espaces pour s’organiser sur comment nous faire souffrir. Perturber ces événements est un acte d’auto-défense. La LGBA ont pris racine à Tufton Street3, ce qui veut dire que pendant qu’iels vont se plaindre d’être réduits au silence sur des chaînes mainstream, iels continuent d’intervenir dans l’espace médiatique et d’influencer les politicien’nes qui peuvent décider de notre vie ou de notre mort.

J’ai participé à toutes les actions que l’État me permet d’écrire à mon député, les manifestations autorisées par la préfecture… Mais nous n’achèverons rien contre l’état transphobe à moins de refuser les règles qu’il nous impose. C’est uniquement lorsque nous dérangeons et désobéissons que nous pouvons réellement ébranler les systèmes qui nous oppriment. C’est uniquement lorsque les institutions se retrouvent sous les pavés (ou 6000 crickets) que nous faisons réellement trembler leurs fondations.

L’alliance LGB peut nous accuser de ne pas connaître notre histoire, mais je sais que nous portons l’héritage de la résistance queer. Trans Kids Deserve Better honore nos ancêtres queers et c’est vraiment puissant.

-Goose

Témoignage d’un.e gaminsecte (6/7)

Nous avons passé tellement de temps à nous sentir démuni’es, en voyant les transphobes et le gouvernement nous attaquer, cracher sur nos droits et nos existences, nous malmener, sans réelle opposition au vaste pouvoir dont iels disposent actuellement au Royaume-Uni.

Réaliser cette action était important pour moi car ça prouve qu’une organisation de transphobes qui sort de Tufton, croulant sous les financements et supportée par des figures politiques, peut être arrêtée par une bande de gosses avec des criquets dans leurs futales. Et c’est tellement puissant. Car ça veut dire qu’on a pas à rester sans rien faire à regarder notre commu souffrir : on peut mettre en place des actions contre cette haine, avec le pouvoir et l’amour de toustes nos adelphes trans, et on peut GAGNER.

Cette action était aussi importante pour moi car je crois que les criquets devrait avoir le droit de participer au militantisme autant que les humain’es.

-Zeds

Témoignage d’un.e gaminsecte (7/7)

Nous agissons car on ne nous laisse pas d’autres choix. Dans un monde où nous devons survivre en sachant qu’il y a des groupes animés d’une haine inébranlable à notre égard, où nous devons regarder nos ami’es mourir et nos droits être dépouillés ou ne jamais voir le jour, on ne peut pas juste attendre tranquillement et espérer que les choses s’amélioreront d’elles-mêmes.

C’est terrifiant, mais le simple fait d’exister en étant moi-même est terrifiant alors autant canaliser ma peur en me battant. Le fait que nous soyons prêt.es à prendre tant de risque démontre bien à quel point nous avons peu à perdre. Je voulais faire ressentir à la LGBA un millième de la peur avec laquelle nous devons porter au quotidien, pendant qu’iels se moquent de nous, nous déshumanisent et nie nos existences. Iels ne méritent pas la satisfaction de nos silences.

Je veux voir un monde où je peux me sentir en sécurité quand je sors, où ma meilleure amie peut être fière en tant que meuf trans, où je n’ai pas à convaincre des gosses de 13 ans de ne pas se suicider. Personne d’autre n’a l’air d’en avoir quelque chose à carrer, alors on va créer ce monde pour nous mêmes et ça va être magnifique.

-Rings

L’ISSEP en feu, les transphobes au milieu !

A l’heure où la montée de l’extrême droite continue à menacer les existences trans et où 64 camarades se font interpellé.es à Paris pour avoir empêché un meeting de TERFs, il est primordial de soutenir toutes les actions de résistance face aux attaques réactionnaires transphobes. Alors que Stern et Moutot se qualifient elles-mêmes de « femmes les plus en danger en France » et parle de « trans-terrorisme », donnons leur raison d’avoir peur. Organisons la riposte face à la répression et aux transphobes de tous les pays.

Face aux fachos et aux transphobes,face aux fachos et aux transphobes,

BASH BACK !


  1. La LGB Alliance (l’Alliance Lesbienne Gay Bi), est une organisation transphobe fondée en opposition à Stonewall, et dont le seul but est de lutter contre les droits trans en se servant de leur nom pour se faire passer en victime lorsqu’iels se font dénoncer pour leur transphobie. ↩︎
  2. National Health Service : système de santé publique du Royaume Uni. ↩︎
  3. Quartier de bourges et de thinktanks d’extreme-droite à Londres. ↩︎

Rassemblement de lutte contre les Violences Sexistes et Sexuelles, 2024

Prise de parole du rassemblement du 19 octobre, pour Gisèle Pélicot, Phillipine, toustes les survivant.es de VSS, et contre la récupération politique dégueulasse de l’extrême droite !

Fémonationalisme : Faux féminisme, porté
par des tocardes d’extrême droite, qui vise à
dire que y’aurait plus d’agressions sexuelles en
France si y’avait plus d’étrangers (comprendre
noirs et arabo-musulmans)

Le 2 septembre dernier s’ouvrait le procès de l’affaire des viols de Mazan, qui a légitimement pétrifié une partie de la France et toute personne engagée contre les VSS.
Comme beaucoup de gens, on a été horrifié par la gravité et l’ampleur des faits, mais on peut pas dire qu’on a été réellement surpris. Ni par le profil des accusés : des mecs blancs, de tout âge, de toute professions, des pères de famille, des gars bien inserés. Ni par leurs justifications : pour eux, Gisèle Pélicot n’existait pas, elle n’était que la propriété de son mari.

Quoi de plus banal dans un pays structuré par le patriarcat, où nous avons tous et toutes en héritage les schémas de pensée qui ont permi ça. On est tous et toutes tributaires d’institutions qui ne nous ont jamais détrompé sur le droit des hommes à posséder les femmes.

Les représentants de l’extreme droite, si pressés d’instrumentaliser chaque fait divers dans leur agenda raciste, n’ont pas eu grand chose à dire sur l’affaire des viols de Mazan. Ils et elles se sont réveillées un mois plus tard après le viol et le féminicide de Philipine Le Noir de Carlan, parce que son meurtrier présumé est marocain.

L’extreme droite et son effroi à double standard, en fonction de la race de l’agresseur, et des valeurs conservatrices qu’elles défendent, c’est quelque chose qui s’observe en permanence. Les 100 autres feminicides de l’année qui se sont fait dans le cadre de l’institution famille qu’elles cherissent tant, ça passe. Les milliers de cas d’inceste et de pedocriminalité ou la bourgeoisie est sur représentée, ça passe aussi pour elles. Les VSS sur les queer, les putes, les racise.es, elles s’en tapent. Les mecs blancs qui violent leurs meufs, leur potes, une inconnue mise a leur disposition par son mari, rien à branler. Leur beurre, c’est les agressions de rue faite par des « barbares », et elles ne parleront que de ça. Elles diront quil faut respecter les OQTF, sous entendu, virons le de France, les femmes hors de la France blanche on sen fout.
Mais ça, c’est la partie immergée du problème. La partie que nous, ici, on arrive à voir facilement.

Ce racisme de fond dans les luttes contre les VSS, c’est un fait concret qu’il faut attaquer !
Dans les institutions d’abord, des petites questions toute bête : pourquoi la justice française, pour des mêmes faits au même niveau de preuve, condamne bien plus les personnes racisées, et encore plus les personnes étrangère ? Pourquoi les stats du ministère de l’intérieur sont axées sur l’enjeu de l’immigration ? Pourquoi pas sur la pauvreté par exemple, ou bien le genre ? Pourquoi Macron, même hors stats, dit qu’il est visible que ce sont des étrangers qui agressent dans les transports en commun ? Pourquoi les flics surcontrolent et surinterpellent les personnes racisées ? Pourquoi la seule solution proposée par l’état dans la lutte contre les VSS, c’est un enfermement raciste dans des prisons raciste avec des matons racistes ?

Et puis, à gauche, chez nous les féministes, les LGBTI+, pourquoi on se fait pigeonner sans répondre à ces stats et arguments pourris ?? Pourquoi on laisse exister cette idée que les racisé.es produisent plus d’agression ? Pourquoi parfois même on en arrive à la légitimer en la justifiant par un essentialisme de classe ou évoquant la « santé mentale » : en disant « Oui mais vous savez, ils sont très précaires, ils ont vécu beaucoup de violence, alors ça s’explique ». Pourquoi on continue à revendiquer des peines plus lourdes alors qu’on sait que ça sert à rien pour changer la société et que ces peines sont mises en place avec des critères racistes ? Pourquoi on attaque pas frontalement les biais racistes dans nos pensées : la peur de groupe de gars racisé dans la rue, la pensée que l’Islam amène forcément au patriarcat conservateur, la croyance d’une sur-virilité chez les arabes et les noirs, en somme : la pensée les gars racisés ont une culture patriarcale plus forte.
On doit être capable de dire deux choses : de une, c’est faux que les racisé agressent plusse : pour les mêmes faits, aux même preuves, ils sont plus contrôlés, plus interpellés, moins bien défendus en justice et donc plus condamnés.
De deux, que le fond du problème c’est le patriarcat et de façon générale, les rapport de domination et d’oppression : une agression, c’est avant tout une prise de pouvoir. Sur le corps des meufs, des trans, des pede, des gouines, des personnes inter. Le viol et le meurtre de Phillipine, c’est l’expression extrême du patriarcat, du pouvoir de vie et de mort qu’a un homme cis het sur une meuf. Abolir le patriarcat, et les rapports d’oppression, c’est abolir un système de pouvoir. Et la prison ne change pas les systèmes de pouvoir, elle les renforce. Visibilisant ceux qu’elle enferme et masquant tout le reste renvoyé au banal, au quotidien.

Nombreuses sont les féministes, et toutes les personnes choquées par ce qu’à subit Gisèle Pélicot, à vouloir voir la justice rendue à sa juste mesure. Nombreuses parmi les personnes qui ont un jour été concernées, comme victime ou proches de victime de VSS, ont été ou sont toujours traversé par des désirs de punition exemplaires pour leurs agresseureuses, voir de vengeance. Ces affects sont légitimes.
Mais est-ce que c’est vraiment ça, rendre justice ? Est-ce qu’une amende répare, est-ce que la prison guérit ?
Puisque ce sont nos frères, nos pères, nos fils, nos collègues qui nous agressent et qui nous tuent, faudra t-il tous les enfermer pour vivre enfin en paix ?

Cortège décolonial 2024

appel pour un cortège décolonial en tête de la Pride de Rennes 2024

Maintenant on fait quoi ?

C’est la merde, tu le sais.
Les fafs sont en force, oui, la gauche est globalement pas foutue d’être antiraciste, d’accord, les LGBTQI+ se prennent tacles sur tacles, c’est vrai.


Maintenant, on fait quoi ?

On te propose un truc, qui changera pas la face du monde mais qui fera sens. On te propose un cortège, qui croise les enjeux de race, de genre et de sexualités. On te le propose parce que ces discours, ces vies, ces situations matérielles, sont trop cachées, oubliées, denigrées.

Si tu fais partie des gens qui croient en la complémentarité des luttes, en l’idée qu’en croisant nos espaces de luttes on devient plus fort·es ensemble, viens avec nous.

Si tu fais partie des gens qui pensent que notre ennemi commun est le fascisme et le conservatisme, et que mettre dos à dos les racisé·es et les sexisé·es leur ouvre les portes du pouvoir, viens avec nous.

Si tu penses que le racisme est ancré en France, dans toutes les sphères et dans toute son histoire, et que tu veux que les sphères LGBTQI+ sortent de ce racisme, viens avec nous.


Si tu as honte que ton drapeau soit dans les mains d’un soldat israélien, au porte-drapeau d’une mairie qui laisse des migrant·es à la rue, accroché au char d’une marque qui exploite le racisme pour accroître son capital, viens avec nous.

Et puis, si tu es moins convaincu·e de ça.
Si tu sais qu’il faut être antiraciste mais que tu ne sais pas comment t’y prendre.
Si tu as plus peur des arabes et des noirs dans la rue, mais que tu détestes cette émotion et
que tu veux lutter contre.
Si tu sais que les fachos disent de la merde, mais que tu ne sais pas les contrer.
Si tu crois un peu en leur chiffres, en leur « faits », mais que tu ressens du dégoût à y
croire.


Non, les cultures non-blanc.hes, en France comme à l’étranger, ne rendent pas plus difficile la vie des LGBTQI+.


Parlons de ce qui les rend difficiles : pensées réactionnaires, fascistes, conservatrices !

Créons un cortège décolonial, avec tous les collectifs, gen·tes concerné·es et allié·es qui veulent porter un croisement de luttes antiracistes, antipatriarcales, antifascistes, pour la libération des communautés religieuses, ethniques, de genre et de sexualité opprimées.


Que tombe le contrôle de nos vies par nos oppresseur·ses !

RDV sous les drapeaux des luttes décoloniales et antifascistes, ramène aussi tes drapeaux !

Cortège queer et décolonial
15 juin, 14h, à l’avant de la Pride !

Nos droits ne sont jamais acquis

Dans un monde patriacal, cishétéro, blanc valid, nos droits ne sont jamais acquis.

Prise de paroles faite à l’occasion de la manifestation du 28 mai contre l’offensive transphobe.

Quoiqu’il se passe au Sénat ce soir, cette loi qu’elle passe ou non, qu’elle soit retoquée ou non par le conseil constitutionnel à cause des problèmes d’accès au droit qu’elle pose. Cette loi n’est que le début, et nos droits ne sont pas acquis.

Chaque année, à mesure que l’extrême droite et ses idées mortifères gagnent du terrain, les idées transphobes, homophobes, queerphobes se répandent un peu plus chaque jour dans les médias et dans les esprits.

Il y a plus de dix ans, ce qui était alors l’UMP se battait contre le mariage tous, en 2016 contre la dépsychiatrisation des parcours trans, aujourd’hui avec leurs amis idéologiques du RN, ils s’attaquent à nouveau à nos existences, comme ils s’attaquent aussi au droit de toutes les femmes. Certes, la droite et l’extrême droite se confondent de plus en plus, mais les réactionnaires n’ont jamais considérés nos victoires comme des droits légitimes et ils lutteront toujours contre, tout comme ils luttaient jadis contre le PACS et l’accès au soin les personnes sidaïque. Tout comme ils mettront toujours en avant la famille traditionnelle, les racines chrétiennes de la douce France et la soi-disant protection de l’enfance.

Ce qu’ils font en réalité, c’est lutter contre nos existences mêmes. Le modèle social qu’ils souhaitent c’est un monde patriarcal, cishétéro, blanc, valide, et nous serons toujours une épine dans leur pied.

Nos droits ne seront jamais acquis parce qu’ils ne peuvent pas l’être dans un monde capitaliste qui préférera toujours le profit et la norme, à la liberté et aux respects de toustes. Ils ne seront jamais acquis dans des États impérialistes et racistes dont la puissance dépend des ressources qu’ils s’approprient et des corps qu’ils brisent. Ils ne seront jamais acquis quand nos gouvernants préfèrent faire quelques économies sur la santé de toustes, et notamment des plus précaires, plutôt que de taxer ceux qui privatisent le monde.

Pire, aujourd’hui notre ennemi ce n’est pas que le capital, mais bien son alliance avec le fascisme. Ici comme ailleurs, nos États deviennent de plus en plus autoritaires, ils précarisent toujours plus, cassent les acquis sociaux durement gagnés par nos aînés. Ils détruisent les corps intermédiaires, criminalisent la gauche, tente de mettre au pas les associations et collectifs militants et devant la résistance de celleux qui sont opprimé.e.s déploient une répression toujours forte pour maintenir leurs assises.

L’alliance de la macronie avec l’extrême-droite n’est une surprise pour personne, seul ce duel fabriqué de toute pièce leur permet de se maintenir au pouvoir. Mais plus cet pseudo-opposition se met place, plus la droite adhère à toutes les idées fascistes.

Chaque jour, sur leur plateau bourgeois, ils discutent grand-remplacement, débattent de ce qu’est selon eux une homme ou une femme, se questionnent sur la culture des non-blancs et leur capacité à vivre avec, réfléchissent à comment mater une jeunesse qu’ils ne comprennent pas et qui n’adhèrent pas à leurs valeurs, en somme se pensent expert de tout dans leur entre-soi et dénigrent tout ce qui ne leur ressemblent pas.

Nos droits ne seront jamais acquis. Aujourd’hui nous voyons une attaque sans précédent sur les droits des personnes trans, hier nous avons vu la normalisation des idées de l’extrême droite dans un texte raciste mal nommé « asile et immigration ». Demain l’IVG, qui a été constitutionnalisé avec difficulté, pourrait être facilement attaqué en coupant les financements des structures qui le permettent. Sans parler des nouvelles lois précarisantes déjà annoncées pour en finir avec le droit du travail et le droit au chômage. Pourquoi parler de tout cela ? Car c’est lié. C’est bien le terme « Grand Remplacement » qu’utilisent Stern et Moutot pour vomir leur idées transphobes et complotistes où les femmes trans remplacerait les »vrais femmes ». C’est bien les valeurs de la France qui sont opposées à la soi-disant propagande LGBT, tout comme était opposé à « me too » la culture de la galanterie à la française. C’est bien aussi sur des médias d’extrême droite que les figures transphobes vont majoritairement en mêlant ces questions à celles du racisme.

Bref, les réactionnaires de tout bord, dont les transphobes et les fascistes marchent ensemble, main dans la main, et ce depuis des décennies. La question comme toujours est :

Que fait-on ?

A la FRAP, nous croyons à l’organisation, nous pensons qu’il est nécessaire de construire un front commun contre la transphobie et les queerphobies, contre le patriarcat, contre le fascisme, contre le racisme. Nous sommes presque au mois de juin, nous savons bien qu’un mouvement social d’ampleur ne va pas prendre tout de suite, mais nous devons pour la rentrée et pour les prochains mouvements qui arrivent : faire du lien entre nous, penser et faire vivre les espaces d’organisation, sortir de notre isolement et de notre sentiment d’impuissance, nous entraider et développer les solidarités.

Il est également nécessaire d’aller chercher nos allié-es, partout, y compris au delà de nos cercles militants et politiques ou affinitaires. Parlons aux personnes cis, parlons aux organisations féministes et antipatriarcales, parlons aux orgas de jeunesse, aux syndicats de l’éducation, au monde du travail et aux travailleurses, notamment dans les domaines de la santé. Établissons ainsi le rapport de force contre les réactionnaires. Exigeons de nos allié-es qu’iels soient effectivement des allié-es, mais ne nous coupons pas non plus de leur soutien. Car nous n’arriveront à rien si nous restons seul-es et marginal’aux.

Utilisons aussi les prides, notamment celle de Rennes le 15 juin, pour faire une démonstration force contre les fascistes et les réactionnaires.

Surtout, organisons-nous ensemble pour non seulement préserver nos droits, mais pouvoir en gagner de nouveau et construire une autre société.

Retour sur la mobilisation trans du 4 Mai

Posté à la suite de la manifestation du 4 mai 2024.

Nous étions présent’es ce samedi 4 mai à Rennes au rassemblement à l’appel de Ouest Trans, NousToutes35, Du Pain et des Roses et plein d’autres orgas LGBTI, Queers et féministes, contre les attaques envers les droits trans et reproductifs. Nous étions plus de 700 personnes, dans la majorité des personnes concernées, mais on notait aussi la présence très appréciée d’allié’es et de parents de personnes trans venu’es en soutien. Des pancartes et des banderoles appelaient à l’organisation de la riposte contre l’offensive transphobe et réactionnaire que nous vivons, d’autres appelaient à protéger les enfants trans, certaines réaffirmaient le droit à l’autodétermination et à disposer nous-mêmes de notre propre corps. Enfin, des pancartes et banderoles étaient particulièrement véhémentes envers les TERFs, les fafs et les transphobes.

Les prises de paroles de collectifs se sont enchainées, toutes rappelant l’évidence des liens entre transphobie et extrême droite, la nécessité de faire front commun avec nos allié-es dans notre lutte contre les attaques que subissent les personnes trans, et faisant le lien entre ces attaques et l’ensemble des casses sociales que l’Etat effectue avec violence, ainsi que les attaques contre la jeunesse en vue de sa mise au pas. Le tout ponctué de quelques slogans et chants.

A l’issue de ces prises de paroles, et alors que beaucoup de gens hésitaient entre partir et rester encore un peu, initiative a été prise d’appeler à une déambulation sauvage pour prolonger un peu le moment, et crier un peu notre colère et notre détermination sans rester confiné-es bien à l’étroit sur Place de la République. Cette initiative de manif sauvage a été très suivie. Comme les vilains en uniforme bleu se sont empressés de se déployer pour nous empêcher d’aller dans l’hypercentre, le cortège sauvage s’est élancé sur le parcours habituel de manif, deux banderoles s’alignant en tête pour diriger la marche, les slogans fusant de partout.

Dans leur empressement à bloquer l’accès à l’hypercentre, les flics ont oublié de bloquer l’accès au commissariat et au TGI. La manif s’est donc dirigée dans cette direction, aux cris de « Etat transphobe ! Justice complice ! ». Car nous savons la propension des procureurs et des juges à refuser les dossiers de demande de changement de mention de sexe à l’état-civil pour des raisons purement transphobes, parfois avec une obscénité bien crasse dans leurs rendus de jugements. À nouveau, les flics empêchaient de s’approcher de trop près du commissariat et du TGI. Le cortège a bifurqué, chantant toujours contre la justice transphobe, avec des slogans véhéments contre la Police, des slogans antifas, anti-terf, des slogans de soutien aux personnes trans du monde entier, en soutien aux personnes intersexes, etc. La colère se mêlait à la joie de se voir autant ensemble et à la détermination à continuer le mouvement : « Transphobes ! Tremblez ! Ca ne fait que commencer ! ».

Finalement le cortège est arrivé sur l’esplanade Charles de Gaulle, où une AG a été improvisée, pour donner la parole à qui le souhaitait, et pour partager des envies, des perspectives, des idées pour continuer la lutte. L’idée de l’importance des diversités des tactiques ressortait beaucoup, de même que l’accent sur le besoin de solidarité, d’entraide, et de sortir de nos isolements, et de l’importance de rejoindre au maximum les espaces d’organisation existants ou à créer.

A l’issue de cette AG, décision a été prise de proposer un rendez-vous Mardi 7 Mai, à 18h à Rennes 2 au Hall L, pour une Assemblée Générale afin continuer à partager nos envies et perspectives pour la lutte !

face aux fafs et aux réactionnaires : organisons la riposte trans et non-binaire

Construisons un réel mouvement social s’inscrivant dans la durée, pour défendre les droits de personnes trans mineures, mais aussi ceux des personnes LGBTI dans leur ensemble.

Bon, globalement vous êtes au courant de ce qu’il se passe…. La monté en intensité des attaques transphobes, on la voit quotidiennement ces derniers temps. Revenons tout d’abord sur les propositions de loi émanant des réactionnaires des Républicains (LR), et des fachos du Rassemblement National (RN), sur la base des « experts » transphobes les plus abjects, prônant les thérapies de conversion (“observatoire de la petite sirène”, M et M etc…).

Ces lois s’attaque grosso merdo à ce qu’on a maigrement gagné aux prix de décennies de luttes. Ces lois s’attaquent aux jeunes, à l’accès aux soins, à la dépsychatrisation des parcours trans etc… En bref elles s’attaquent à notre droit (et notamment aux droits de nos adelphes mineur-es) à l’existence. Elles prônent plus largement l’enfermement des personnes trans dans des parcours psychiatriques, et a des thérapies de conversions.

Parlons aussi des nombreuses affinités non cachées d’une (grande) partie des membres de la majorité à ces propositions de lois. Les néolibéraux embrassent de plus en plus les thèses et idées fascisantes et cela ce voit, que cela soit avec la reforme des retraites, la « loi immigration », la répression sanglante des révoltes populaires survenues suite à l’assasinat de Nahel, les attaques permanentes contre la gauche, le culte de la discipline (via la volonté d’attaquer la jeunesse via le SNU et les uniformes) etc… Cela est d’un cynisme absolu, et en plus, pire que tout, c’est du bullshit.

Leurs solutions ne vont rien apporter de positif pour les trans. Lutter contre l’accès aux soins et contre les reconnaissances sociales des personnes trans… c’est lutter pour notre effacement. C’est un processus qui vient augmenter les violences anti-trans et augmenter les suicides (déjà beaucoup trop nombreux !). Il Suffit de voir en UK, les violences transphobes sont en nette hausse (+11% en 2023), elles sont interconnectés avec les violences médiatiques, et les violences législatives venant restreindre massivement l’accès aux bloqueurs de puberté, aux hormones… En bref restreignant l’accès aux soins des personnes transgenres.

En plus de ces propositions de loi immondes, voilà que notre duo de TERFs « préférées » (Stern et Moutot pour ne pas les citer), nous chient un torchon reprenant toutes les inepties transphobes et plus largement LGBTIphobes les plus classiques et convenues. Inutile de faire ici un listing de ces horreurs parfois uniquement affligeantes et insultantes qu’elles nous déballent en 400 pages (quel gâchis de papier).

Un mot cependant sur une expression employée : « Grand Remplacement », pour désigner ce fantasme de ces femmes trans qui remplaceraient les « vraies femmes » dans les espaces féministes, mais plus largement dans les espaces publics (les chiottes en tête), ect.


Elles se disent radicales
Elles se disent féministes
Mais on sait toustes
Que les TERFs sont des fascistes

L’utilisation à des fins de transphobie de cette expression raciste et complotiste chère à l’extrême droite est loin d’être anodine. Ce ne sont plus des porosités qui existent entre les TERFs et les fascistes, il s’agit bien de fusions idéologiques. Ce fait est acrédité par les nombreuses interviews de nos TERFs nationales dans les pires médias d’extrême droite, ce qui s’ajoute à leurs liens manifestes avec des collectifs fascistes comme Némésis.

Les TERFs et autres orgas transphobes et les fafs, main dans la main, cherchent à diffuser massivement cette idée que les personnes trans sont dangereuses pour la société, pour les belles valeurs qui feraient la France, et pire : un danger pour les enfants.

Le discours ne change pas depuis des décennies, et fait écho au « Protégeons nos enfants » que scandait La Manif Pour Tous, slogan qui n’est qu’une redite des angoisses réactionnaires nées à la création du PACS.

De plus, ces propositions de loi s’inscrivent dans un contexte politique de violentes attaques contre la jeunesse, de son uniformisation et de sa mise au pas. SNU, uniformes (fabriqués par des enfants au Bangladesh…), stigmatisation des élèves dits « perturbateurs » et leur enfermement dans des « internats à encadrement militaire », pénalisation de ces élèves sur Parcoursup et ainsi pour toute leur vie, etc. La liste de ces mesures répressives est longue et scandaleuse.

Comment seront traitées les personnes trans qui dévient des codes genrés ? Plus largement, comment seront traités les personnes LGBTI qui dévient de la norme cis-hétéro-normative ?

Pour Attal et Belloubet, la question, elle est vite répondue. Et pour l’ensemble des réacs, cela passera par l’interdiction aux mineurs de transitionner et de vivre leur identité.

Aujourd’hui, ils attaquent les personnes trans mineures. Ne soyons pas naïfves : demain ils attaqueront toutes les personnes trans. Rappelons que Macron a menacé de couper dans les ALD pour faire des économies, ALD dont bénéficient les personnes trans dans le cadre de leurs transitions médicales. Regardons ce qui arrivent dans les pays où les offensives réactionnaires contre les minorités sexuelles et de genre aboutissent. Cela commence par des interdictions de la « propagande LGBT », l’effacement de leur existence dans l’espace public, les livres et les médias. Puis la criminalisation de leur existence même.

Dans le même temps, les femmes dans leur ensemble sont également des cibles. Interdiction de l’IVG, interdiction/limitation d’acces aux soins et protections sexuelles, masculinisme croissant. Cette vague réactionnaire contre les droits des femmes et minorités de genre est en nette progression. L’exemple des USA est très révélateur… Les réacs luttant contre l’IVG luttaient aussi contre les personnes trans. Aujourd’hui, 18 états américains interdisent l’IVG et des lois restreignant le droit des personnes transgenres ont été adoptées dans 14 États.

Alors que fait-on ?

Depuis quelques jours, la riposte contre cette offensive transphobe et réactionnaire commence à s’organiser. D’abord sont apparus en nombre des textes, et des tribunes expliquant la situation et appelant à la mobilisation.

Mais les textes, les tribunes, les pétitions et les manifestations ne suffisent pas. Il est nécessaire de nous organiser en un front commun et d’unir toutes nos forces contre la transphobie, contre le fascisme, contre le patriarcat, contre les LGBTIphobies. Il est nécessaire de sortir de notre isolement et de notre sentiment d’impuissance, de nous rencontrer, de partager nos savoirs, de nous entraider et développer des solidarités.

Photo de drapeau dans une manif. Un drapeau LGBT et un drapeau trans. Tous ont un drapeau antifasciste peint dessus.

Il est également nécessaire d’aller chercher nos allié-es, partout, y compris au delà de nos cercles militants et politiques ou affinitaires habituels. Parlons aux personnes cis, parlons aux organisations féministes et antipatriarcales, parlons aux orgas de jeunesse, aux syndicats de l’éducation, au monde du travail et aux travailleurses, notamment dans les domaines de la santé, etc etc. Établissons ainsi le rapport de force contre les réactionnaires. Exigeons de nos allié-es qu’iels soient effectivement des allié-es, mais ne nous coupons pas non plus de leur soutien. Car nous n’arriveront à rien si nous restons seul-es et marginal-aux.

Enfin, rappelons nous de la dimension internationale des attaques transphobes. Au Royaume-Uni, les bloqueurs de puberté ont été interdits aux personnes trans mineures. En Belgique et en Suisse, des propositions de loi visant à empêcher les personnes mineures de transitionner sont également déposées. Notre riposte doit être internationale.

Commençons par prendre la rue le 4 Mai à Rennes, le 5 Mai dans les autres villes où des rassemblements et manifestations se tiendront.

Mais ne nous arrêtons pas là. Construisons un réel mouvement social s’inscrivant dans la durée, non seulement pour défendre les droits de personnes trans mineures, mais aussi pour défendre ceux des personnes trans, et des personnes LGBTI dans leur ensemble.

Photo d'une manif antifascite, le bloc vétu de noir. Un drapeau non-binaire flotte au vent. Peint par dessus, deux visage cagoulé en rouge et noir avec l'inscription smash fascism

À Rennes, la préfecture empêche la manifestation du 25 novembre de passer devant la prison des femmes !


Avec ce texte, nous souhaitons revenir sur la manifestation du 25 novembre dernier, à l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux personnes sexisées. L’Inter- organisation féministe, qui préparait la marche, avait fait le choix de proposer un parcours qui passait devant la prison des femmes, trajet que la Préfecture a interdit.

Les actions de la Préfecture ce jour-là témoignent d’un sexisme systémique au sein des instances de l’État. Il a pour but de nous empêcher de manifester notre soutien aux personnes incarcérées. L’État , dans chacune de ses représentations, nous renvoie un sexisme crasse et nous montre chaque jour, de son sommet jusqu’à ses racines, qu’il est contre nous. Par son président, Emmanuel Macron, qui soutient Gérard Depardieu en arguant qu’il rend fière la France ; par Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, accusé de viol, qui continue tranquillement de mettre en place ses politiques racistes et sexistes ; par la Préfecture, ici, qui nous empêche de manifester notre solidarité aux femmes et personnes sexisées incarcérées ; par la répression de nos actions, de nos voix, par les injonctions au silence que nous subissons quotidiennement.

Contre tout cela, nous réaffirmons ici notre volonté de vivre des vies dignes, des vies sans sexisme, sans patriarcat, et ce peu importent les obstacles auxquels nous faisons face. Nous ne nous arrêterons pas aux interdictions de la Préfecture, et nous manifestons par ce communiqué notre soutien à toutes les personnes incarcérées qui n’ont pas pu entendre nos voix en Novembre. Nous sommes avec vous, nous ne vous oublions pas, nous nous battons à vos côtés.

S’il existe encore des féministes qui doutent de la pertinence d’un trajet passant devant la prison des femmes, qui se demandent pourquoi le féminisme est et doit être anticarcéral, nous rappelons ici ce que nous avons déjà dit lors de notre prise de parole, pendant la manifestation. La prison est un lieu où se produisent de nombreuses violences envers les femmes et dissident⋅e⋅s de genre. Les femmes trans emprisonnées sont souvent mégenrées et attaquées sur leur transition en prison, quand elles ne sont pas enfermées dans des prisons pour hommes. De manière générale, les femmes en prison subissent de manière exacerbée la solitude et la rupture des liens amicaux et familiaux, puisque ce sont elles qui assument le travail relationnel, c’est-à-dire l’entretien des relations sociales.

Or, il est quasiment impossible de réaliser ce travail lorsqu’on est enfermée, avec des moyens de communication réduits.

De plus, les matons sont souvent violents, misogynes, et puisqu’il est impossible de savoir ce qu’il se passe en prison, c’est un lieu qui favorise les violences. Car qui croirait un.e détenu.e ?

En prison, les droits humains les plus basiques sont bafoués : à la prison des femmes de Rennes, en 2023, il n’y a par exemple pas eu d’eau potable de disponible pour les détenues pendant plusieurs mois.

Nous affirmons que les prisons ne devraient pas exister, car elles reproduisent des violences sexistes, racistes et classistes. Mais tant qu’elles existeront, nous montrerons notre solidarité envers les détenu⋅e⋅s, car le féminisme ne se fera pas sans la libération de toustes !

En taule, dans la rue, chez nous :
libres ensembles ou pas du tout !

Un Plaidoyer pour la Libération de la part des Queers en Palestine

Vous pouvez retrouver le texte intégral.


Nous écrivons ceci en tant que travailleurses, étudiant’es, agriculteurices, parent’es – en tant que Palestinien’nes, Palestinien’nes queers. Non pas parce que notre identité queer nous procure une position d’exception mais parce que, de la même manière dont nous avons été marginalisés en tant que personnes queers, nous faisons aujourd’hui face à des tactiques patriarcales coloniales qui visent à marginaliser davantage nos identités de queers palestinien’nes. Nous sommes révolté·es que, au milieu de ces moments de brutalité spectaculaire et de carnage infligés aux corps palestiniens, y compris le viol, la torture, la mutilation et la mutilation, nous soyons détourné·es de notre deuil et de notre propre organisation pour formuler une demande.

Depuis le 7 octobre, nous sommes témoins d’un génocide accéléré se déroulant dans la bande de Gaza et dans toutes les régions de la Palestine, ouvertement et publiquement déclaré à de nombreuses reprises par plusieurs responsables gouvernementaux et militaires israéliens. La brutalité de l’État israélien a été maintenue grâce au soutien économique, militaire, diplomatique et politique continu des dirigeants mondiaux, au cours de l’histoire et actuellement. Nous notons, documentons et racontons les centaines de massacres catastrophiques des 75 dernières années aux mains de la fureur destructrice du régime sioniste ; de Deir Yassin au massacre de Tantura (1948) sur lequel est basée la fondation d’Israël, en passant par le massacre de Kafr Qassem (1956) et Sabra et Chatila (1982), pour n’en citer que quelques-uns.

Il n’y a aucune possibilité pour un mouvement politique et social libérateur d’atteindre la vie et la dignité s’il est aligné sur la machine de mort génocidaire d’Israël.

Israël est fondé sur le sang et est maintenue par le sang.

En cette période, et dans le continuité de son exploitation de longue date des politiques libérales d’identité, Israël instrumentalise les corps queers pour faire barrage à tout soutien à la Palestine et à toute critique de son projet de peuplement colonialiste. Dans sa rhétorique coloniale de peuplement, Israël cherche à obtenir le soutien des gouvernements occidentaux et des sociétés libérales en se présentant comme une nation respectant la liberté, la diversité et les droits de l’homme, luttant contre une société “monstrueuse” et oppressante, comme l’a clairement déclaré le Premier ministre d’Israël : “Il y a un combat entre les enfants de la lumière et les enfants des ténèbres, entre l’humanité et la loi de la jungle.”

Pendant que ces déclarations ouvertement racistes et génocidaires occupent le devant de la scène, les activistes en Palestine et à l’échelle internationale sont réduit·es au silence, harcelé·es, placé·es en détention, criminalisé·es, des travailleurses sont licencié·es, et des étudiant·es sont exclu·es de leurs universités. Les activistes féministes et queer internationaux·ales, solidaires de la Palestine, font face à des attaques et du harcèlement de la part des sionistes sous prétexte que celleux qui soutiennent la Palestine seront “violé·es” et “décapité·es” par les Palestiniens, simplement parce qu’iels sont des femmes et des queers.

Pourtant, le plus souvent, ce sont les queers et les femmes qui soutiennent la Palestine que les sionistes souhaitent violer et tuer.

Les fantasmes sionistes de corps brutalisés ne nous surprennent pas, car nous avons fait l’expérience de leurs manifestations réelles à la fois dans notre chair et dan nos esprits. Pourtant, ils ne cessent de surenchérir dans leur véhémence explicite. Depuis les milliers de prisonnier·es palestinien’nes, soumis·es à la torture sexuelle et au viol depuis la création d’Israël jusqu’à aujourd’hui, en passant par la violence quotidienne et croissante des colons contre les Palestinien’nes en Cisjordanie, jusqu’aux “civils” israéliens qui se filment en train de torturer des Palestinien’nes enlevé·es comme une tendance TikTok. Et pourtant, la société israélienne continue d’instrumentaliser la queerness pour justifier la guerre et la répression coloniale, comme si leurs bombes, leurs murs d’apartheid, leurs armes, leurs couteaux et leurs bulldozers choisissaient leurs victimes en fonction de leur sexualité et de leur genre.

Nous refusons l’instrumentalisation de notre identité queer, de nos corps, ainsi que la violence à laquelle nous faisons face en tant que personnes queers afin de diaboliser et déshumaniser nos communautés, surtout lorsque ceux-ci sont mis au service d’actes impérialistes et génocidaires.

Nous méritons la vie car nous sommes humains, dans la multitude de nos imperfections, et non de par notre proximité ou non avec les modes coloniaux d’humanité libérale. Nous refusons les tactiques coloniales et impérialistes qui visent à nous aliéner de notre société et d’aliéner notre société à notre égard. Nous combattons des systèmes d’oppression qui sont interconnectés, qui incluent le patriarcat et le capitalisme, et nos rêves d’autonomie, de communauté et de libération sont intrinsèquement liés à notre désir d’auto-détermination.

Il n’y a aucune libération queer qui puisse être acquise par la colonisation, et aucune solidarité queer ne peut être favorisée si elle est aveugle aux structures racialisées, capitalistes, fascistes et impériales qui nous dominent.

Nous appelons les activistes queer et féministes et groupes dans le monde à affirmer leur solidarité avec le peuple palestinien et leur résistance à leur déplacement forcé, le vol de leurs terres, le nettoyage ethnique sont ils sont victimes et leur lutte pour la libération de leurs terres et de leurs avenirs de la colonisation de peuplement israélienne. La réponse à cet appel ne peut se faire uniquement par le partage de tribunes et la signature de lettres collectives, mais doit s’accompagner d’un engagement continu auprès de luttes décoloniales et de libération en Palestine et dans le monde.

Nos demandes sans équivoque sont les suivantes :

  • Rejetez les financement sionistes, refusez de collaborer avec des institutions sionistes, rejoignez le mouvement BDS.
  • Faites grève : que cela soit silencieux ou public, refusez que votre labeur soit exploité afin de réduire au silence le militantisme palestinien ou pour financer, soutenir et rendre possible la colonisation de peuplement militarisée israélienne et le génocide.
  • Faites ce que les personnes queers décoloniales font depuis des années, emparez-vous de la mise en récit, et affirmez les termes du narratif au sujet de la Palestine, cette-fois. Ce qu’il se passe en Palestine est un génocide. Israël est une colonie de peuplement. Les Palestinien’nes sont une société sous occupation militaire et colonisation. Selon le droit international, Israël n’a pas le droit de “se défendre” contre la population qu’il occupe, tandis que les Palestinien’nes ont le droit de résister à leur occupation. Exiger un cessez-le-feu est la première étape pour demander des comptes à Israël pour ses crimes contre l’humanité. Nous devons également exiger la levée du siège de Gaza et le démantèlement de la colonie de peuplement sioniste.
  • Bloquez des axes routiers majeurs. Organisez des sit-in dans votre gare centrale locale. Interrompez le flot du commerce. La complaisance est un choix.
  • Contactez vos représentants locaux, et exercez une pression sur eux à cesser de financer ce génocide, à mettre fin à leur soutien militaire, diplomatique et politique envers Israël. Dénoncez la criminalisation continue et complice de la solidarité avec la Palestine, ainsi que la projection coloniale et islamophobe de l’antisémitisme européen sur les voix palestiniennes et racisées, comme nous pouvons le constater notamment en France, au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Allemagne.

Nous, soussigné’es, queers palestinien’nes et allié’es, sommes une partie intégrante de notre société, et vous informons que : des allées lourdement militarisées de Jerusalem, aux terres calcinées de Huwara, aux rues sous surveillance de Jaffa et en passant par les murs de Gaza assiégée, la Palestine sera libre, du Jourdain jusqu’à la mer Méditerranée.

Extrait de pour elles toutes avant-propos par Gwenola Ridordeau

DATE ORIGINELLE DE PUBICATION ?

« Mon coeur se serre avec elles toutes qui ne disent rien. Celles qui ne disent rien parce que ça ne se fait pas, parce que la police n’a rien fait la dernière fois, parce qu’on ne les a pas crues lorsqu’elles étaient enfants, parce que ce n’est pas si grave et qu’il avait peut-être le droit. Celles qui ne disent rien car elles savent qu’on ne les croira pas, car elles sont trop tox’, trop vieilles, pas assez jolies, pas assez sexy, trop grosses, trop handicapées, pas assez féminines. Celles qui ne disent rien car elles ont peur qu’on ne les croie pas, parce qu’elles n’écrivent pas assez bien, parce qu’elles ne sont pas blanches, parce qu’elles ne se souviennent plus très bien.

Celles qui ne disent rien parce que c’est leur père, parce qu’il est policier, parce qu’il est riche et qu’il prendra un avocat, parce qu’il est français et qu’elles ne le sont pas. Celles qui ne disent rien parce qu’elles ont peur qu’on leur réponde qu’il n’y a pas idée de sortir la nuit, de sortir dans cette tenue, de sortir toute seule. Qu’il n’y a pas idée de boire, d’inviter un homme chez soi, d’aller sur un site de rencontres. Celles qui ne disent rien parce que « pourquoi le dire maintenant » ? Celles qui ne disent rien car elles se demandent si ce n’est pas un peu leur faute, celles qui ne disent rien parce qu’elles l’aiment. Mon cœur se serre avec elles toutes qui ne disent rien.

Mon cœur bat à l’unisson avec elles toutes qui luttent. Celles qui manifestent, s’enchaînent, tractent, hurlent, se réunissent, pétitionnent. Contre les viols, les violences domestiques, les mutilations génitales, le harcèlement de rue, les assassinats, les viols conjugaux, les viols punitifs, les homicides conjugaux. Elles toutes dont on fait si peu de cas parce que ce sont des femmes noires, des prostituées, des femmes trans, des lesbiennes, des femmes autochtones, parce qu’elles sont ouvrières ou parce qu’elles portent le voile, parce que ce sont des femmes.

Mon cœur bat à l’unisson avec elles toutes qui luttent. Mon cœur est en prison avec elles toutes. Celles pour qui c’était écrit, depuis la rue, depuis la came, depuis le trottoir, depuis les fugues. Celles pour qui c’était écrit parce qu’elles ne sont pas nées avec les bons papiers, le bon prénom, la bonne couleur de peau. Celles pour qui c’était un accident, mais qui n’ont pas eu le choix. Celles pour qui ce n’était pas écrit si elles avaient choisi un autre homme. Celles pour qui ce n’était pas écrit s’il était resté. Mon cœur est dans les centrales et les centres de rétention, dans les cellules des mitards et dans les cellules de garde à vue. Mon cœur est en prison avec elles toutes.

Mon cœur est devant les prisons et dans les parloirs avec elles toutes. Celles qui
attendent, celles qui sont fatiguées, celles qui sourient encore, celles qui sourient toujours, celles qui écrivent tous les jours, celles qui ont des frissons en pensant à leur premier parloir, celles qui râlent mais sont encore là, celles qui apportent le linge et envoient les mandats, celles qui ne reviendront peut-être plus, celles qui y croient encore et celles qui ne veulent plus attendre. Mon cœur est devant les prisons et dans les parloirs avec elles toutes.

Mon cœur les comprend elles toutes. Celles qui ne croient plus en la justice de leur pays, celles qui n’iront jamais voir la police parce que le Vél d’Hiv’, celles qui voudraient seulement que ça n’arrive pas à d’autres, celles qui préfèrent oublier, celles que la justice a laissées déçues, brisées, en colère ou malheureuses, celles qui ont pardonné, celles qui ont préféré écrire un livre, celles qui voudraient juste comprendre, celles qui diront toujours « la prison pour personne ». Mon cœur les comprend elles toutes« 

Retours sur la manif féministe du 25 Novembre

Une personne brandissant deux drapeau :  un drapeau LGBT et un drapeau palestinien

Nous étions présent’es ce 25 novembre 2023 à la Marche Féministe contre les vss, au sein du Cortège Palestine aux côtés de Du Pain et Des Roses (la section Féministe et LGBTI de Révolution Permanente) pour affirmer la nécessité d’un soutien féministe et queer aux luttes palestiniennes.

En effet, cela fait plusieurs semaines que nombre de nos militant·es sont mobilisé’es dans les luttes de soutien à la Palestine, en participant aux AG de l’AFPS (Association France Palestine Solidarité), au Comité de Soutien à la Palestine de Rennes 2, en menant et en participant à des actions, etc.

Aussi, en collaboration avec DPDR, nous avons décidé de tenir un cortège féministe et queer au sein du Cortège Palestine de la manifestation.

En effet, nous sommes écoeuré’es par le massacre méthodique des palestinien’nes par Israël, soutenu par tout l’Occident.

Nous sommes écoeuré’es par l’instrumentalisation des existences queers à des fins de déshumanisation de toustes les palestinien’nes, ainsi que la rhétorique selon laquelle les VSS comme armes de guerre seraient l’apanage des palestiniens alors que nombre de femmes palestiniennes dénoncent depuis des années les VSS dans les prisons d’Israël.

Nous sommes queers, féministes, décoloniaux-ales et anti-impérialistes. Et en ce 25 novembre il nous semblait nécessaire de contrer le silence assourdissant du féminisme dominant, blanc et carcéral, en criant notre soutien à la Palestine, et notre colère envers le colon.

Le Cortège Palestine était très animé, les slogans et les chants étaient repris par les mégaphones, les sonos et la foule. Un grand drapeau palestinien doublé d’un drapeau LGBTI arc-en-ciel inclusif était agité parmi tous les autres drapeaux et les pancartes interpellant sur les souffrances des femmes palestiniennes subissant la colonisation et les bombardements d’Israël.

Les banderoles du cortège affichaient : « Solidarité avec les palestiniennes victimes de la colonisation », « Palestine Vaincra, pour ta liberté à jamais on luttera », « Féministes et LGBTI pour la Palestine », « Les queers soutiennent la Palestine ».

Les slogans scandaient : « Gaza, les femmes / les queers sont avec toi ! », « Les femmes, les queers, soutiennent la Palestine », « Plus (+) de p3dales ! À bas Ts&h&l ! », « Solidarité avec les palestiniennes emprisonnées/colonisées ! », « Solidarité avec les queers de Palestine ! », etc.

Quelques individu’es ont marqué les murs le long du parcours de la marche d’affiches et de graffs dénonçant le pinkwashing, le colonialisme, les féminicides dont l’État et sa Police sont complices, la taule, etc, ainsi que d’autres messages soutenant les survivant·es de vss, les femmes et les queers palestinien’nes du monde entier, etc.

Tag sur un mur "Rennes soutient Gaza"

La manif a fini prématurément, avec d’intenses prises de paroles. La FRAP a tenu à dénoncer la taule, car le féminisme dominant reste foncièrement carcéral et policier, alors même que la prison et les flics sont d’importants vecteurs de violences faites aux femmes et aux populations minorisées et opprimées. Voir notre publication sur pourquoi nous dédenfons un féminisme anticarcéral.

tags sur un mur, on distingue la fin d'un message "il est en liberté pour viols" et dessous, un autre tag ajouté "crève la taule cependant"

Nous continuerons à nous mobiliser dans les luttes féministes, décoloniales et anticarcérales. Les queers et les femmes ne seront pas libres tant que d’autres femmes et d’autres queers auront à subir les violences patriarcales ici comme ailleurs.

En taule, en dehors, en Palestine, chez nous : libres ensemble, ou pas du tout !

Crédits photos : @elise__pi @louise.quignon @horizonpalestine @fraprennes

Pourquoi défendons-nous un féminisme anticarcéral ?


Extrait de la prise de parole effectuée lors de la manif du 25 novembre 2023.

Ce texte, parlant des enjeux de la justice punitive, des keufs, et de la prison, on l’a écrit au titre de l’interorga féministe. On pense que c’est important de parler de ces sujets en tant que féministes, parce que c’est trop souvent des angles morts de nos luttes. Trop souvent, les seules propositions apportées pour régler des problèmes de violences sexistes et sexuelles sont de mieux punir les agresseur.ses. On pense qu’on a besoin de réfléchir plus précisément à ces sujets, et d’essayer de trouver des solutions plus efficaces, plus justes, plus humaines.

Il nous faut des solutions plus efficaces, parce que la taule, la justice punitive, ça ne marche pas pour contrer les VSS ! Le taux de récidive quand une personne sort de prison est élevé (31% des personnes sortant de prison récidivent dans les 12 mois selon le journal Le Monde). La prison ne permet pas de se former et d’avoir accès à des ressources pour comprendre les mécaniques sexistes et patriarcales qui ont poussé l’auteur.e d’agressions à les commettre. Envoyer les gens en prison, c’est cacher le problème, l’envoyer loin de nos yeux pour ne plus y penser.

Il nous faut des solutions plus efficaces aussi, parce que les keufs sont au mieux mal formé.es, au pire consciemment violents dans leur manière d’écouter les personnes qui subissent des VSS. Iels reçoivent les plaintes de façon désastreuse, ne mettent rien en place pour soutenir les victimes, les éloigner de leur conjoint violents, expliquer comment mettre en place un dossier judiciaire avec des preuves concrètes de violences. Sur 100 victimes de viols, pas même 10 ne vont aller porter plainte notamment à cause du traumatisme supplémentaire provoqué par la violence de la police. Sur ces 10 plaintes, à peine 1 amène à une condamnation. Et quelle condamnation ?

Car oui, la condamnation est inefficace : les mesures d’éloignement sont trop souvent ignorées, les violences continuent, voire s’intensifient, et on le répète : la prison n’amène pas les personnes autrices de violences à ne pas les reproduire, bien au contraire !

Mais on ne veut pas s’en arrêter à l’inefficacité. Même si les keufs, la justice punitive, la taule était efficace, ce ne sont pas des solutions viables ! Il nous faut des solutions plus justes ! Les keufs, la justice punitive, la taule, ne protège qu’une catégorie de la population : les femmes cisgenres, blanches, hétérosexuelles, de classe moyenne ou supérieure, valides. Les femmes trans ou personnes transféminines sont agressées par les keufs eux mêmes, mégenrées et attaquées sur leurs transition dès qu’elles essayent de prendre la parole. Les personnes non-blanches sont soit parfaitement ignorées, quand on ne les renvoie pas au fait que ca serait à cause de leur culture qu’elles subiraient des violences patriarcales.

Sans parler des personnes sans papier, qui sortent déjà d’un parcours ultra traumatique, mais ne peuvent même pas avoir accès à une forme de justice une fois installées. Les personnes handi subissent non seulement bien plus de violences patriarcales, mais en plus la réponse institutionnelle est catastrophique ! Les keufs demandent à la personne qui veut porter plainte de trouver un interprète LSF si iel est sourd.e, ou parfois même de « mimer leur viol ».
La liste des violences spécifiques est encore bien trop longue, mais l’enjeu pointé est le suivant : ce sont les catégories les plus privilégiées qui peuvent bénéficier de la justice punitive.

Mais il est important aussi de regarder l’autre face, celle des condamné.es : sur les enjeux de VSS, les statistiques sont accablantes : un mec racisé a 6 fois plus de chances, pour le même acte avec la même quantité de preuve, d’être condamné pour des faits de VSS. Leurs condamnations sont souvent plus longues, plus dures puisque moins d’accès à de la thune dans la prison, et parce que les matons sont bien plus violents avec eux. Les personnes handi psy sont quant à eux non pas condamnés, mais enfermés dans des hôpitaux psy sans droits ni protections aucune ! D’ailleurs, la psychiatrisation des femmes est un enjeu spécifique : elles sont bien plus souvent envoyées en HP que les hommes cis, mais aussi bien plus sous traitement sédatif imposé. La justice punitive est profondément injuste dans les personnes qu’elle protège, et dans les personnes qu’elle condamne. […]

Il nous faut des solutions plus humaines ! C’est pas tolérable de faire subir autant de violences en permanence à des personnes enfermées, quel que soit leur tord, leurs agressions ! C’est pas tolérable qu’à la prison des femmes de Rennes, l’accès à l’eau potable a été impossible pendant des mois l’an dernier ! C’est pas tolérable de laisser des personnes trans en isolement pendant tout le temps de leur condamnation, soit disant
pour les protéger, alors même que les matons eux mêmes les agressent. C’est pas tolérable qu’iels soient enfermé.es selon leur sexe biologique et pas administratif. C’est pas tolérable de faire travailler pour 2€ de l’heure des gens (sans quoi il est très difficile de survivre parce que la taule, ça coûte cher). C’est pas tolérable que les matons agressent en permanence les détenu·es, par des fouilles à nu, des lynchages, des humiliations. C’est pas tolérable que les détenu·es enfermé·es dans des cages à lapins s’agressent tant la pression est forte, tant la violence est là partout, tout le temps ! C’est pas tolérable que les personnes handis psy soient sous psychotropes tout le temps, enfermé.es voire camisolé.es.

Et pour ce qui est des prisons des femmes, les enjeux spécifiques sont tout aussi désastreux : Les fouilles intimes subies en prison s’apparentent à des agression sexuelles banalisées. Les psychotropes sont administrés en plus grande quantité aux prisonnières féminines qu’aux prisonniers masculins. Le milieu carcéral n’est pas épargné par les VSS. Il y a des cas où des membres du personnel carcéral masculin ont fait subir des violences physiques, des agressions sexuelles, des viols, à des prisonnières. Leur position d’autorité quasi absolue leur permet de confisquer des biens, ou accorder/ retirer des privilèges pour obtenir des rapports sexuels non consentis. Et en situation d’enfermement, quels recours peuvent avoir des prisonnières dont la parole est ignorée ?

En plus de ca, une femme en prison a nettement moins de chances d’avoir du soutien de l’extérieur, ce qui rend la prison encore bien plus dur a vivre. […] Bref, la justice punitive est injuste, inefficace, et profondément inhumaine ! On ne pourra jamais réformer l’enfermement, la violences des keufs, le racisme, le sexisme, les LGBTphobies ancrées dans la justice punitive. Alors il faut changer de système ! Il nous faut sortir du système carcéral, pour aller vers une justice plus efficace, plus juste, plus humaine. Le fait de produire des violences ne doit pas amener à perdre son statut d’humain, ses droits, sa dignité. D’ailleurs, ce ne sont même pas les attentes des victimes d’agression. Souvent, les besoins sont bien plus d’obtenir réparation, de faire en sorte que la personne ne reproduise plus ces actes, de prendre soin de soi pour regagner en confiance et en stabilité. La vengeance, l’envie de punition, arrivent bien après.

Nous voulons porter un féminisme anticarcéral, et nous voulons porter d’autres solutions, les créer ensemble, les expérimenter au sein de nos milieux ! Nous voulons pratiquer d’autres formes de justice, comme la justice transformatrice, qui permettent à la fois aux personnes qui ont subi des agressions de s’en sortir au mieux, à la fois aux personnes qui ont produit des agressions d’évoluer sur le sujet et de ne plus refaire ce genre de violence. Nous ne voulons pas compter sur les prisons, sur la punition, pour faire évoluer la société, elle ne peut pas le faire ! Nous voulons un monde où chaque personne peut vivre libre, digne, et ça ne passera pas par l’abandon et la déshumanisation des personnes qui ont eu des comportements, si horribles soient ils !

En taule, dehors, chez nous : libres ensemble ou pas du tout !

TDoR 2023 – Prise de parole

Les politiques guerrières, fascisantes et colonialistes sont transphobes.

Les luttes décoloniales et anti-impérialistes peuvent libérer et sauver des personnes trans.

Imaginez.

Des cadres de vie bouleversés par la guerre. Des vies trans et enbies bouleversées par la guerre. Pour les personnes transfems, il y a le risque qu’elles-se fassent enrôler pour le front. Parmi les hommes, cis bien entendu. Une société patriarcale attend d’être à genoux avant de confier sa défense à des femmes. Mais elles seront des femmes, trans, subissant la transphobie de leurs « frères d’armes*, et les horreurs de la guerre.

Mais même en n’étant pas envoyé-es au front nos adelphes subissent les bombardements, les rationnements, notamment sur les médicaments, les lois martiales, et les réactions LGBTIphobes émergeant ou s’amplifiant.

Leurs existences sont de toute manière instrumentalisé-es, tout autant par des camps politiques se prétendant leurs défenseurs mais qui n’ont en tête que du pinkwashing nationaliste pour faire d’elleux des bon’nes patriotes ; que par des camps politiques les étiquetant comme adversaires intérieur-es comme exterieur’es, déviant’es, ennemi-es des valeurs traditionnelles et de la Patrie. Intégrismes religieux et discours déshumanisants sont toujours bien pratiques pour justifier des pires sévices. Flicage, exclusion de l’espace public, thérapies de conversion, ou pire encore. Nos adelphes craignent pour leur vie, pour la vie de leurs proches, iels craignent l’occupant et ses exactions. Iels craignent l’occupant et ses velléités colonisatrices.

Car le colonialisme n’apporte que fractures et violences malgré ses prétentions d’apport du progrès, d’une bonne morale, voire de “civilisation », tant qu’il y est. Il instrumentalise à nouveau l’existence de nos adelphes trans, pour assoir sa domination. Soit il se sert d’elleux comme tokens pour déshumaniser un peuple, ou les présentent comme des êtres à sauver de leur propre peuple ; soit il encourage la transphobie à leurs égard et c’est alors elleux qui sont déshumanisé-es.

Le colonialisme n’est jamais émancipateur, malgré ses plus beaux masques et images de propagande pailletés. Il peut autant effacer l’existence des trans et plus largement des LGBT, comme il peut opposer nos adelphes : entre colons et colonisé’es, bon’nes trans, mauvais-es trans, civilisé-es, sauvages.

Le LGBT colon, il vient en soldat poser fièrement, drapeaux arc-en-ciel à la main, sur les ruines d’une ville qu’il vient raser, après avoir massacré sa population.

Parmi cette population : des queers, des trans, nos adelphes: Voilà à quoi ressemble la libération LGBT promise par le colon se prétendant défenseur des LGBT, qui les écrase sous ses bombes “Au nom de l’Amour”.

Mais revenons aux personnes trans. Imaginons qu’elles parviennent à fuir leur pays en guerre, et qu’elles se retrouvent à la frontière, face aux gardes, présentant leurs papiers. Que leur identité, prénom et genre soient à jour ou non sur leurs papiers, nos adelphes risquent les humiliations, le rejet, les violences. C’est systématique. C’est déjà la merde les papiers quand t’es trans, alors imaginez pour les trans réfugié’es, avec ou sans papiers.

Qui sait, cette violence ou les politiques internes du pays à passer les forceront à la clandestinité. Et après le passage des frontières, si elles parviennent à les passer, les galères continuent. L’enfer administratif que rencontrent toute personne exilée est à nouveau plus complexe avec des papiers mal adaptés, quand papiers il y a. Les violences administratives, qu’elles soient d’ordre racistes, transphobes, ou les deux, la violence des camps de réfugié’es, etc, nos adelphes les subissent tous les jours.

Imaginez, les flics qui les traquent, les contrôlent, et peuvent de-les jeter dans un CRA, un Centre de Rétention Administrative. C’est un joli nom pour parler de camp de concentration pour personnes exilées avant leur expulsions vers le pays qu’elles ont fui. Si ces gens ont quitté-leur pays c’est bien souvent pour y fuir la guerre, la répression, et bien souvent dans le cas de nos adelphes, les LGBTIphobies, et dans le cas des personnes trans, la transphobie.

Oui des adelphes sont expulsé-es vers la mort, c’est une réalité. Les frontières et les politiques migratoires tuent. En cela les frontières et les politiques migratoires, non contentes d’être racistes et assassines, sont LGBTIphobes, et transphobes.

Et même si ces adelphes exilé-es arrivent à rester sur le territoire, voire parviennent à être régularisé’es, iels ont tout risque de subir les politiques fascisantes qui font leurs choux gras dans bien des pays dits progressistes, développés, en paix. Les tafs précaires, les agressions de rue sont le quotidien des trans exilé-es. Leurs taf et leurs capacités de revenus sont attaquées et complexifiées. Les rares lieux, réseaux et communautés de soutien existant seront souvent ignoré-es par beaucoup de gens. Nos adelphes sont délogé-es quand les flics viennent expulser leurs camps de fortune avec la violence policière qu’on leur connaît, ou quand-ces mêmes sales flics viennent péter les squats queers qui offraient un peu de logis et de soutien. Nos adelphes ont moins sinon pas du tout accès aux réseaux de soin et de santé, et ça les met d’autant plus en danger et en détresse.

Toutes les politiques répressives envers les exilé-es sont transphobes, parce que les populations trans ont bien des raisons de vouloir fuir et passer des frontières dans l’espoir d’une vie meilleure.

Toutes les politiques participant au maintien et au renforcement de nouvelles frontières sont des attaques directes contre nos adelphes. Chaque mur, chaque rideau de fer, chaque grillage barbelé ainsi financé est une attaque odieuse envers les nôtres.

Les guerres impérialistes forçant des populations à l’exil pour échapper à la mort, tuent aussi nos adelphes. Les propagandes impérialistes les tuent une deuxième fois en niant leur existence, ou en capitalisant dessus pour justifier de leurs politiques guerrières.

La lutte contre les frontières, contre le racisme, le colonialisme et les impérialismes sont vitales peuvent participer à libérer les personnes trans colonisé-es, exilé-es, subissant les horreurs des guerres qui les tuent. Les politiques guerrières, fascisantes et colonialistes sont transphobes. Les luttes décoloniales et anti-impérialistes peuvent libérer et sauver des personnes trans. A nous de construire, encourager, soutenir et faire vivre un décolonialisme prenant en compte la libération des queers et des trans.

Nous voulons attirer votre attention sur les personnes trans et non-binaires qui existent partout, et qui loin de nous souffrent et meurent aussi. Nous ne voulons pas qu’elles soient oubliées et invisibilisées. Enfin, nous souhaitons aussi condamner l’homonationalisme, la récupération de nos luttes par l’extrême-droite permettant à certaines personnes LGBT d’en écraser d’autres.


Rennes contre les violences carcérales — Crève la taule et l’enfermement !


Ce mois-ci à rennes, l’interorga contre les violences carcérales a organisé une manifestation et plusieurs ateliers, autour de la journée nationale contre les violences carcérales du 28 mai, journée initiée par najet kouaki, mère d’idir mederess, tué en taule à lyon.

La journée du 28 a permis de réaliser 2 parloirs sauvages : un à la prison des femmes, et un au centre de rétention administrative. des prises de paroles et lectures de lettre ont également permis de relayer la parole des détenu.e.s en tant que collectif, nous participons à l’interorga contre les violences carcérales, et c’est pour cela qu’on vous invite à un atelier samedi 3 juin, 17h-19h dans les locaux d’ISKIS* atelier sur les violences carcérales et lgbtiphobes on parlera des lgbtiphobies dans les milieux anticarcéraux, de la dépossession de nos vécus lors des procédures judiciaires, et enfin de la matérialité des violences carcérales pour les perosnnes LGBTI+

*accessibles pour les personnes à mobilité réduite

ON REPARTAGE AUSSI LE TEXTE D’APPEL À LA
MANIFESTATION


Journée nationale contre les violences carcérales



Cette journée existe pour donner la parole aux taulards et taulardes, à leurs proches qui se tapent les portiques et les parloirs,à toutes ces personnes que la police envoie au placard.

Dans les manifs, dans les quartiers, ou encore ailleurs on voit la police insulter, frapper, mutiler, tuer. Mais qui voit ce qu’il se passe après ? Après que les juges et leurs préjugés te jettent au placard?

Cette journée est là pour dénoncer, faire entendre la parole des
enfermé·es.

La prison, c’est un cimetière ! Une mort tous les trois jours. Et dire que certain·es pensent que la prison c’est le « Club Med » alors que les suicides y sont 7 fois supérieurs à la normale. Et au Quartier Disciplinaire, le mitard, c’est encore 7 fois plus de suicides. C’est pour ça qu’on veut l’ABOLIR.

Parce que trop de personnes y sont mortes. Idir Mederess, 22 ans ! Les maton’ne’s l’ont tué, 2 semaines avant sa sortie. Ils disent « un suicide », une « mort suspecte », nous disons un meurtre. Najet Kouaki, sa mère, veut faire éclater la vérité. Elle a rejoint le Réseau Entraide Vérité et Justice, pour lutter aux côtés de Awa Gueye, de Farid El Yamni, Fatou Dieng, et de toutes les familles qui ont décidé de dire STOP AUX VIOLENCES D’ÉTAT ! STOP A L’IMPUNITÉ ! ON VEUT LA VÉRITÉ.

A Rennes aussi, la prison tue. Les maton’ne’s, se comportent comme des nazillon’ne’s. Ils ont laissé Maxime Rekik agoniser pendant des heures. Ils ont tabassé Abdallah M. Et ce n’est pas qu’une question de « mauvais.es maton’ne’s ». Dans toutes les prisons, l’administration couvre les violences. A Saint-Brieuc, Sacha, 18 ans, a supplié pour sortir du mitard, le directeur n’a rien fait. Sacha s’est suicidé. Ses parents en deuil n’ont rencontré que le mépris de l’administration… Si l’on rajoute à ça l’insalubrité, la promiscuité, l’eau contaminée, etc.. On a la recette du complexe pénitentiaire .

Le vrai danger, c’est eux. Ils enferment pour dominer la
société. T’as volé des milliards, c’est OK. T’as volé un poulet, t’es condamné’e.

Les plus chanceux-ses bossent, mais pas de Code du Travail, ni de retraite en vue. Iels sont payé·es une misère et ce sont les multinationales qui font du bénef. Ils appellent ça « réinsertion », à croire qu’être exploité’e, c’est tout ce qui nous attend dehors. Parce que oui, après la taule, t’as encore moins de chances de t’en sortir. Déjà que la grande majorité des enfermé·es sont issu’es des milieux ouvriers.

Mais le plus beau en prison, c’est quand les prisonnier’ères se défendent et luttent pour leurs droits. Il faut qu’iels se battent pour le moindre droit en taule, sinon on leur prend tout, jusqu’à leur dignité, leur santé, leur vie. A Vezin, comme partout, il faut ruser pour faire rentrer les téléphones et de quoi fumer. Au QSL (Quartier de Semi-Liberté) ils dénoncent l’insalubrité et les mensonges des autorités. Au CPF (Centre Pénitentiaire pour Femme), elles se serrent les coudes.

Dans les CRA (Centres de Rétention Administrative), les personnes exilé’es luttent aussi. Pour éviter la déportation, elles sont prêtes à êtres envoyées en prison, à entrer en grève de la faim ou même à se mutiler. La seule raison pour laquelle elles sont en taule, c’est parce qu’elles n’ont pas les bons papiers. Force à elles et eux !

Et dans les HP (Hôpitaux Psychiatriques), de plus en plus d’usager·ères s’organisent et dénoncent les violences : isolement, cachetons, contention, soins forcés. Moins de soins, plus de violence, ça coûte moins cher. Et si tu sors te balader, la police est là pour te tuer. Comme à Guillaume Régnier le 6 juin dernier où un homme de 56 ans s’est évadé. La police a été rapidement alertée et l’a pris en chasse. Il s’est jeté du pont Vàclav Havel pour les fuir et s’est noyé dans la Vilaine.

Bref, la prison c’est pas bon, surtout si t’es noir’e, arabe, musulman’e, pauvre, handi’e, en détresse psychologique, trans, LGBTI+, révolutionnaire ou énervé·e, que tu parles pas bien français ou que t’as pas les bons papiers.

Dans le silence, chaque jour, c’est plus de 75 000 frères, sœurs, ami·es, maris, filles, pères et mères qui y croupissent. Et Macron veut encore en construire d’autres ! Ils appellent ça Plan 15 000.

FAUT ARRÊTER ÇA ! BRISONS LE SILENCE !

Si tu connais déjà la prison ou que tu t’interroges quant au sort qui est réservé aux personnes incarcérées, rejoins nous le 28 MAI pour que l’on lutte tous-tes ensemble contre les violences carcérales !

Pourquoi la FRAP se positionne contre le call-out (systématique)

L’idée derrière le « Call-Out » vient de l’intention de dénoncer, de façon publique, un
comportement qui est jugé comme problématique. Le but, pour celleux utilisant ce moyen de dénonciation publique, est notamment de faire en sorte que la personne agresseur·euse soit « effacé·e » ou « évincé·e » du milieu dans lequel le call out est effectué et que cette dernière ne puisse plus, en théorie, nuire à d’autres personnes de ce milieu.

Si nous ne nions pas que cet outil peut parfois être pertinent, nous constatons néanmoins que ce qui était un simple outil est devenu, bien trop souvent, un processus systématique permettant d’épurer nos milieux militants sans qu’il y ait plus de réflexions sur les conséquences que cela peut avoir.

Or, à la FRAP, nous souhaitons sortir des sillions de la justice punitive ; dès lors nous ne pouvons que remettre en question cet outil très utilisé et nous nous opposons à son
usage systématique au sein des sphères militantes. A comprendre que, généralement, la seule réponse proposée dans la gestion des personnes agresseur·euse·s est le call out et l’exclusion des personnes en question. Or s’interroger sur le bien-fondé de cette utilisation fait partie prenante de la volonté de mettre en place des outils et des modes d’organisations efficaces, afin de ne pas reproduire un système que nous cherchons à
détruire.

Accepter le call out systématique revient aussi à nier ce que peut engendrer la justice punitive, autant pour la personne visée que pour les personnes qui pourraient croiser sa route. Or, comme elle nous le prouve chaque jour, la justice punitive est inefficace. Elle ne réhabilite pas et ne répare rien, au contraire, elle maltraite, isole et détruit les personnes inculpé·e·s en les maintenant au banc de la société et en les poussant vers la récidive ; tout en ne proposant rien d’autre qu’un maigre soulagement aux personnes victimes. En outre,nous constatons que, tout comme nous ne sommes pas toustes égaux devant notre système judicaire (qui reproduit des systèmes de dominations racistes et queerphobes notamment), la gestion des personnes agresseur·euse·s par le call out
systématique tend à les reproduire elle aussi.

Ainsi, nous avons tout intérêt à gérer collectivement les situations qui appelleraient à un call out systématique. Parce qu’en effet ce n’est pas en niant qu’il puisse y avoir une gestion à faire, et en évinçant une personne d’un milieu, que ladite situation disparait. Pire, la situation problématique a d’autant plus de raison de se reproduire puisque la personne passe sous les radars, dénuée d’outils, de soutiens ou d’accompagnements qui puisse assurer d’un changement de comportement.

Notons aussi que la notion de call out est rattachée à une forme d’essentialisme, comme si seules certaines personnes spécifiques étaient par nature destinée à être des agresseur·euse·s et à le rester jusqu’à la fin de leurs jours. Cela revient à nier que nous pouvons toustes être victimes d’agression et agresseur·euse·s au cours de notre vie et que ces agressions ne sont pas que le fruit de responsabilités individuelles, mais aussi le produit de systèmes de dominations.

Cependant, dire cela ne doit en rien minimiser les actes qui peuvent être commis, de manière involontaire ou non, cela ne les rend pas moins problématique et cela ne nie en rien l’impact que ces actes peuvent avoir sur celleux qui en sont victimes. Dire cela permet en revanche de réfléchir différemment à ces questions et d’essayer d’utiliser d’autre levier que ceux de la punition (souvent inefficace) pour que les agressions ne se produisent plus.

Nous ne souhaitons pas militer dans l’entre-soi, dans le « cocon » safe que l’on peut voir dans beaucoup de sphères militantes. Evoluer dans un monde militant qui fait peser une épée de Damoclès sur toustes (ici représenté par la menace d’un call out), qui peut alors retomber sur chacun·e à chaque parole mal formulée, n’est pas ce que nous souhaitons, car nous ne faisons alors que reproduire ce contre quoi nous prétendons lutter (notamment la justice punitive). En outre, l’idée selon laquelle un « espace safe » pourrait être créé, grâce à l’utilisation systématique du call out, est un mensonge collectif qui met sous le tapis et nie de nombreux problèmes qui traversent le militantisme.

Si le sujet du call out et son re-questionnement systématique vous intéresse, un protocole de gestion des agressions et micro-agressions en milieu militant est disponible sur notre site. Ce protocole est le fruit de la rencontre entre le CRAC (Collectif Rennais Anti-Carcéral) et la FRAP, pour pouvoir proposer d’autres solutions que la justice punitive comme seule voie.

Nous désirons trouver d’autres outils, créer des nouvelles manières de gérer nos propres organisations et notre propre « justice », en espérant vous y retrouver avec nous. Parce que l’on ne réussira pas à détruire ce système en utilisant les couteaux qu’il dirige contre nous, construisons de nouvelles armes.

TDoR 2022 – prise de parole

prise de parole, 20 Novembre 2022

La journée du souvenir des transgenres a été organisé pour commémorer celleux qui ont été tués par haine ou préjugé anti-transgenres. L’événement a lieu en novembre pour honorer Rita Hester, dont le meurtre le 28 novembre 1998 a lancé le projet web « Remembering Our Dead » et une veillée aux chandelles à San Francisco en 1999. Le meurtre de Rita Hester – comme la plupart des cas de meurtres anti-transgenres – est encore à résoudre. Le 20 novembre nous commémorons nos mort.e.s assasiné.e.s par le système cissexiste et capitaliste (discrimination à l’embauche, préjugés, agressions, violences médicales, etc).

Ce système cisexiste va induire une surmortalité des personnes trans : meurtres, suicides, maladies non prise en charge, etc. En 2021, le projet Trans Murder Monitoring estime que 375 personnes trans ont été tuées au cours de l’année, dans 98% des cas les victimes sont des femmes trans bien souvent TDS (près de deux tiers d’entre elles), racisées et migrantes. En effet le taux de tentative de suicide chez les femmes trans est effarant puisque la moitié d’entre elles passent à l’acte et 85% des femmes trans ont des pensées suicidaires ce qui est 10 fois plus que la moyenne chez les femmes cis. Cet acte, pas anodin, est induit par les violences transmisogynes : harcèlement de rue, agressions, discrimination à l’embauche (62% sont des victimes de harcèlement au travail, 27% de licenciement abusif), difficulté à accéder à un logement 1/4 des personnes trans se sont faites refuser un logement à cause de leurs transitudes), mise à la rue (60% des femmes trans sont en rupture familiale et 20% ont été victimes de violences physique au sein de cette sphère), etc.

Ces violences répressives restreignent l’accès à l’espace public induisant un isolement massif des personnes trans et empêchent de nombreuses femmes trans à s’insérer professionnellement. Face à cette précarisation 20% d’entre elles se tournent vers  le TDS, cependant la loi de pénalisation des clients des TDS voté en 2016 les précarisent davantage et a augmenté le nombre de leurs assassinats.

C’est le cas d’Ivana, une femme trans péruvienne TDS qui fut assassinée en septembre 2021. Le cisexisme, la transmisogynie, le racisme, la putophobie conduisent à une déshumanisation, une précarisation et un isolement de sorte que des meurtres comme celui d’Ivana peuvent se produire dans l’indifférence. Le système médical étatique, adaptée aux corps des hommes cis blac, maltraite les personnes trans : la santé des femmes trans se dégrade de manière exponentielle par rapport à celles des femmes cis, 20% des personnes trans se voient refuser des soins médicaux en raison de leurs transitudes, les parcours de transition sont toujours psychiatrisés et la majorité des parcours de transitions sont gérés par la structure ouvertement transphobe Trans-Santé (anciennement SoFECT et FPATH).

Les personnes trans font aussi face à des violences juridiques : pour changer son état civil il est toujours obligatoire de passer devant un tribunal de grande instance et jusqu’en 2016 il fallait être stérilisé.e pour cela. De même, en 2020, la cour de cassation maintient pour des raisons arbitraires l’interdiction pour les personnes trans de se reproduire. L’Etat policier transmisogyne violente, mutile et tue les personnes trans notamment les femmes trans racisées : elles sont 3,7 plus à risque d’être victime de violences policières, 7 fois plus sujet à des violences physiques lors d’interaction avec la police, elles sont toujours bien souveent incarcérées dans les prisons pour hommes ou elles sont exposées à des violences cisexistes, sexuelles, physiques, médicales (refus d’accès à des soins et aux produits de première nécessité) par les matons, les flics ou les codétenus.

Celles qui sont sans papier et/ou migrantes sont confrontées à des violences administratives extrêmes et souvent renvoyées à une mort quasi-certaine par l’administration française et ce, après avoir été enfermées dans des CRA (centre de rétention administrative).

Le cisexisme est ainsi un système structurel organisé qui maintient et encourage la peur, la haine, le harcèlement, les meurtres et les agressions des personnes trans. Il suffit de voir comment les femmes trans sont représentées médiatiquement : comme des personnes dangereuses et/ou repugnantes. Les discours réactionnaires, les politiques de casse sociales et de réduction des budgets dans les services publics (notamment du chômage) précarisent davantage les personnes trans et les poussent à la mort. Les personnes trans sont affichées par les réactionnaires comme le nouveau danger à l’équilibre social français. Iels sont dépeintes comme des bêtes de foires, des objets sexuels, sans aucune possibilité d’exposer une vision contraire.

Personnes trans assassiné.es, état complice.

Un texte avait été écrit pour une personne trans suicidée, il se fini par cette phrase :

« Nous ne voulons plus compter nos mortes. Nous voulons pouvoir serrer les vivantes dans nos bras et rire avec elles sans craindre  de les voir partir du jour au lendemain, tuées par le système. »

Pride Radicale 2022


Ici et ailleurs, le fascisme est à notre porte ; quand il ne s’est pas déjà tout simplement installé confortablement. Les présidentielles et le cirque médiatique autour révèlent à quel point le fascisme est plébiscité, quand la gauche est criminalisée.


Même dans des milieux dits féministes, les voix relayées sont les plus proches des idéaux fascistes : mouvements excluant les trans (TERFS) et les travailleur.euses du sexe (SWERF), islamophobes et identitaires, traditionalistes (La Manif Pour Tous)…


Combiné avec un libéralisme de plus en plus féroce, le climat politique est à vomir. La surexploitation des ressources naturelles et la surconsommation continuent pendant que les forêts crament et que le vivant disparaît. Ce brasier est aussi social : services publics en miettes, inflation galopante, destruction des minimas sociaux et du chômage, les précaires seront toujours celleux qui paieront. Les personnes queers, à cause de la difficulté à se loger, à trouver un taff, à accéder et payer leurs soins, sont déjà extrêmement précarisé·es. Souvent rejeté·es par leur familles et isolé·es, iels sont très exposé·es à la catastrophe sociale en cours.

La seule issue pour le capitalisme dese préserver, c’est de s’allier avec les fascistes et de s’en inspirer. La répression est de plus en plus violente contre les mouvements sociaux, les keufs sont en roue libre et assassinent toujours plus, couverts par l’État. La justice bourgeoise est de plus en plus punitive, du jugement aux conditions d’emprisonnement, notamment avec les minorités pour les forcer à rentrer dans le moule. Les personnes trans sont toujours emprisonné·es au regard de leur parties génitales, régulièrement en isolement « pour leur protection ».


Le capitalisme exacerbé et le fascisme croissant écrasent de plus en plus de précaires, notamment celleux considérés comme TransPédéGouine+. Hormis le mois des fiertés où les vitrines sont teintées de drapeaux LGBTQI+, tout le monde s’en branle.

La seule subversion de genre et de sexualité acceptable, c’est celle qui correspond aux codes bourgeois, celle qui transforme nos revendications en jolies décorations : la mode, la pub, le cinéma, l’art. Les sphères politiques et bourgeoises ne nous acceptent que comme objets, dans la limite du discret, de l’acceptable, du binaire.
Par contre, quand on est intersexe, les mutilations génitales médicalement
injustifiées et les traitements hormonaux forcés dès l’enfance sont la norme imposée. Quand on n’est pas un.e homo ou un·e bi au service du RN ou de LREM, mieux vaut se taire et se planquer. Quand on est trans, binaire ou non, on l’est soit trop, soit pas assez.

Et pendant que l’État se gargarise des quelques droits anecdotiques qu’il nous accorde, le backlash médiatique est toujours plus vener : les TERFS sont reçues en grandes pompes dans les cabinets ministériels ; les abolos sont toujours les seules écoutées sur les questions de travail du sexe ; les cathos fachos de la Manif Pour Tous continuent de « protéger leurs enfants » du « lobby LGBTQI+ », tout en luttant contre l’IVG et en fermant les yeux sur l’inceste et la pédocriminalité ; les libéraux ne parlent de nature que pour nous enfermer dans leurs lectures biologisantes.


Bref, c’est la MERDE. Les droits qu’on a obtenus jusque là ne sont absolument pas suffisants, et ils ne seront jamais acquis, parce qu’il y aura toujours des droitards pour s’y opposer. Parce qu’on menace le patriarcat, il sera toujours contre nos existences. Parce que nos luttes sont directement liées à l’antiracisme, à l’antivalidisme, à l’antifascisme et à l’anticapitalisme, nous n’intégrerons pas la société, nous la désintégrerons.

Rendez-vous samedi 22 octobre à 14h à Sainte-Anne, parce qu’un mois par an n’est pas suffisant !

Militantisme LGBTQ+/Queer : répression et réappropriation de la violence

LE RÉFORMISME ET LE JEU POLITIQUE


La dernière causerie intitulée : « militantisme lgbt : c’est qui et c’est quoi la communauté ? » a été traversé à de nombreuses reprises par la séparation de deux lignes distinctes que nous nommerons réformiste et révolutionnaire. elle s’est traduite dans les discours par une distinction identitaire et politique entre lgbtqia+ d’une part, et tpg/queer de l’autre.

Du coté réformiste, l’acronyme extensible lgbtqia+ qui s’enracine dans le premier militantisme homosexuel (dans la période 1890-1930) était porté par des juristes et des médecins dont le but, toujours inchangé aujourd’hui, consiste à alerter élus et médias sur les discriminations, à réclamer auprès de l’etat des droits et de la reconnaissance ainsi qu’une tolérance du monde social.

Du côté révolutionnaire, on retrouve invariablement depuis les années 70 et le front homosexuel d’action révolutionnaire, le « retournement du stigmate » c’est- à-dire retourner l’insulte en fierté et en sentiment d’appartenance. d’où une proximité avec l’acronyme tpg (transpédégouine), d’où également avec le queer (qui contient cette idée de marginalité, d’inassimilable, de monstrueux).

Une première affinité avec les luttes et les rapports de force se manifeste déjà. En 2022, ces deux lignes sont devenues indépendantes avec leurs histoires, leurs pratiques, leurs discours, leurs horizons. Toutefois, cette vision duale doit être avant tout comprise comme une lecture générale qui vient rattacher la spécificité des luttes et du militantisme des minorités sexuelles à l’histoire. La ligne révolutionnaire comme appartenant à la vague mondiale du début des années 70 et s’élevant des quatre coins du monde, la ligne réformiste comme accompagnant l’histoire de la gauche institutionnelle et du droit. Il faut par ailleurs reconnaitre que nos lignes se sont déjà croisées et se recroiseront peut-être encore. Act-up en est un exemple particulièrement significatif.

La ligne réformiste trouve son affinité avec le monde associatif, avec les partis politiques de gauche et surtout avec les institutions . De l’ONG internationale à la petite association, du local LGBT municipal (prêté par la mairie) à l’émission de télévision sur le coming out, le militantisme réformiste se résume à la question de la gestion : gestion de l’homophobie (donc plus de police… ), gestion de la précarité (donc plus d’encadrement d’insertion sociale), gestion du mal-être (psychiatrisation), gestion des inégalités (accorder plus de droit, de reconnaissance).

La ligne réformiste est un dialogue avec l’État et les institutions pour gérer les populations lgbtqia+. L’horizon réformiste se définit donc par une égalité parfaite entre les différentes composantes de la société.

La ligne révolutionnaire elle, trouve son affinité avec les anarchistes et les radicaux. avec mai 68 en france et les années 70 italiennes les mouvements minoritaires (mouvement des femmes, mouvement homosexuel, mouvements des minorités ethniques, indiens métropolitains, groupes de luttes armées, mouvement squat…) se confrontent aux anciennes structures (syndicats, parti communiste, groupes gauchistes de divers tendances) avec pour enjeux une idée nouvelle de la révolution. Celle-ci devient une confrontation aux normes et aux structures sociales et psychologiques de la société et non plus une prise du pouvoir. La révolution se vit ici et maintenant.

La ligne révolutionnaire dont il est question ici (lutte contre l’hégémonie capitaliste construite historiquement sur les inégalités, la sexualité prise comme un dispositif de pouvoir, lutte contre la famille, structure de base de la société et entité affective aliénée à la production et à la reproduction, lutte contre le régime politique qu’est l’hétérosexualité) est inséparable du mouvement révolutionnaire dans son entièreté.

Il ne s’agira pas ici de faire l’éloge de la ligne révolutionnaire contre la ligne réformiste. Si elles ne sont pas dépendantes, elles permettent chacune à l’autre une liberté plus grande, une capacité d’action renouvelé (la ligne réformiste à préparé une situation dans laquelle nous pouvons nous mouvoir, affirmer, attaquer, construire. Assumer des rapports de forces. et en retour, elle bénéficie des mesures prises quant à ces rapports de forces, mouvements politiques ou autre…). La question de la ligne réformiste sera toujours celle de ne pas se compromettre, de ne pas devenir le pantin du pouvoir. La question de la ligne révolutionnaire sera celle de la pertinence et de l’ampleur de son action. Ces deux écueils devant nous pousser encore à mettre sur pied une véritable stratégie.

Enfin, une dimension essentielle sépare nos deux lignes. Celle de l’intégrité du corps,
celle de la mise en jeu de soi, celle du danger et de la violence. Si les réformistes mettent en jeu leur corps symbolique (voie de citoyen dans les urnes, présence numéraire en manifestation… ), il en va tout autrement de la ligne révolutionnaire. Et en effet, le FHAR est un exemple dont on ne se départit pas aujourd’hui. Se battre contre des fascistes, contre la police, mais aussi contre des discours médicaux, contre des procédures administratives, etc…

La question de la lutte et de la résistance aux situations que l’on nous impose implique obligatoirement, fatalement même, la question de la violence. Celle que l’on subit, encore et encore, mais aussi celle que l’on se réapproprie, pour rendre coup sur coup.

Extrait de « vers la plus Queer des insurrections »

PAR LE GANG MARY NARDI février 2009

Une proposition de définition du terme « Queer » dans « Vers la plus queer des insurrections”, traduction de Queer ultraviolence, anthologie du mouvement états-unien queer insurrectionnaliste bash back! par Fray Baroque et Tegan Fanelli.

« Certain.e.s liront ‘’queer’’ comme synonyme de ‘gay et lesbienne » ou ‘LGBT »‘. Cette lecture est inadéquate. Alors que celleux qui s’intègrent le mieux dans les constructions de « L »‘, « G »‘, « B » ou « T » pourraient tomber dans les limites discursives du queer, le queer n’est pas une zone d’occupation stable. Le queer n’est pas simplement une énième identité qui peut être punaisée sur une liste de catégories sociales nettes, ni la somme quantitative de nos identités. Il s’agit plutôt de la proposition qualitative de l’opposition aux présentations de la stabilité – une identité qui problématise les limites maîtrisables de l’identité.

Le queer est un territoire en tension, défini en opposition au récit dominant du patriarcat blanc-hétéro-monogamme, mais aussi en affinité avec tout.e.s celleux qui sont marginalisé.e.s, exotisé.e.s et opprimé.e.s. Le queer, c’est ce qui est anormal, étrange, dangereux. Le queer implique notre sexualité et notre genre, mais va bien au-delà. Il incarne notre désir et nos fantasmes, et bien plus encore. Le queer est la cohésion de tout ce qui est en conflit avec le monde hétérosexuel capitaliste.

Le queer est un rejet total du régime de la Normalité. »

Pas de fascistes dans nos luttes


Aujourd’hui, Alice Cordier créatrice du collectif Némésis se revendiquant du « féminisme identitaire » vient tenir conférence à Rennes.

Pourquoi cette militante rennaise n’est pas la bienvenue à Rennes ?

Escroquerie raciste


Le féminisme identitaire a pour base l’idéologie raciste selon laquelle les principaux ennemis de « la femme » ne seraient pas le patriarcat, ses structures et ses agents, mais les hommes issus de l’immigration. L’islamophobie est un de leurs chevaux de bataille, les militant.e.s du collectif instrumentalisant la question du voile ou du hijab, ainsi que les femmes concernées par ces questions. Et cela sans jamais prendre en compte leurs idées à elles.

Féminisme identitaire : fascisme


Le féminisme identitaire est fondamentalement raciste,reprenant la thèse raciste et fasciste du « Grand Remplacement », chère à Zemmour et aux nazis composant les soutiens du Collectif Némésis. En effet ce groupe était soutenu par Génération Identitaire, et l’est encore par La Cocarde, les Zouaves de Paris, et d’autres groupuscules d’extrême droite dont les actes de violences racistes et fascistes se banalisent à mesure que l’extrême droite gagne du terrain.

Féminisme identitaire : LGBTI-phobie

Ce collectif lutte également main dans la main avec les LGBTIphobes de La Manif Pour Tous. Leur conception de « la femme », comprendre : le modèle de la femme cisgenre hétérosexuelle blanche, en plus d’être raciste, est fondamentalement transphobe. Le Collectif Némésis a une vision essentialiste des corps et tient à la division genrée et binaire de la société patriarcale.

Féminisme identitaire : anti-féminisme

Le Collectif Némésis est en réalité un ennemi du féminisme, un épouvantail d’une extrême droite ne cherchant qu’à se donner une image attrayante en prétendant défendre les femmes (tant qu’elles sont suffisamment cis-hétéro-blanches). C’est une imposture, visant à créer la confusion dans les mouvements de luttes féministes, et à y semer le fascisme, le racisme, les LGBTIphobies, etc.

La FRAP rappelle son engagement féministe intersectionnel, antiraciste et antifasciste. Nous nous opposons au Collectif Némésis et à son imposture réactionnaire grossièrement qualifiée de féminisme.


La FRAP s’oppose à la venue de Alice Cordier et à sa conférence pour le groupuscule Collectif Némésis à Rennes.

Pas de fachos dans nos quartiers !
Pas de quartier pour les fachos !