Cortège décolonial 2025

Appel à un cortège décolonial pour la Pride de Rennes 2025

La première Pride était une révolte queer racisée

Ça s’est passé à Stonewall en 1969, voilà la vérité historique sur la marche des fiertés, qui s’est petit à petit blanchisée et dépolitisée. Depuis les années 2000, la Pride est devenu une simple fête, une célébration des identités LGBTQI+ individualisées et acceptables. Les marginaux-ales ont été effacées par les chars NRJ et Nike et leur consommation « pinkwashée », leurs arc-en-ciels sur des baskets issues de l’exploitation honteuse des personnes racisé·es des pays colonisés ; les personnes handies ont été effacées au profit des LGBTQI+ libéraux, profitant de leur fête annuelle sans faire gaffe à personne, avant de laisser leur communauté seule face aux oppressions qu’iels subissent ; les racisé·es et exilé·es ont été effacées au profit des cortèges des syndicats de policiers gays, du féminisme blanc et des homonationalistes.

Ça suffit !


On refuse que la marche des fiertés ne soit que la marche des plus privilégié.es d’entre nous, on refuse que ca soit une marche de riches, blanc·hes, valides !
Toute l’année, les plus opprimé·es d’entre nous subissent le patriarcat, le racisme, le colonialisme, le validisme, le capitalisme.
Toute l’année, on nous impose de rentrer dans les clous et d’être suffisamment intégré·es, pas trop choquant·es, faute de quoi la punition sera violente. Toute l’année, on nous sexualise, nous insulte, nous frappe, nous rejette, nous harcèle, nous mutile, on tue nos frères, sœurs, adelphes.

La Pride ne sera pas qu’une Pride de blanc·hes

La Pride ne sera pas qu’une fête, pas seulement un moment sympa ou danser sans « se prendre la tête ». La Pride sera une marche de mémoire et de luttes !

Cette année, les queer racisé·es et exilé·es auront un espace pour faire vivre leurs idées, leurs cultures, leurs vécus. Cette année, les antiracistes et les décoloniaux auront un espace pour revendiquer leurs idéaux politiques, et les stratégies et outils pour les mettre en place.

Parce que les LGBT+ sont partout, et ne sont
pas que blanc·hes, l’antiracisme est l’affaire de toustes.
Cette année, les gens à qui les luttes queer racisé·es tiennent à coeur pourront l’exprimer, et créer des liens entre elleux.


Pour toute ces raisons, il prendra vie un cortège décolonial à la Pride de Rennes, entre queer, racisé·es et/ou allié·es !
Rejoignons-nous, rencontrons-nous, apprenons-nous, et créons les bases de liens forts entre les luttes LGBT+ et antipatriarcales, et les luttes antiracistes et décoloniales !

Nos revendications

Contre le colonialisme

Nous voulons la fin des logiques extractivistes
coloniales (lithium, uranium), la fin des
frontières si meurtrières (et de FRONTEX), la fin
du génocide a Gaza et au Congo pour les
intérets occidentaux. Reconnaissance et
réparation à Haiti.

Contre l’enfermement

La prison est inhumaine. Le système pénal sert uniquement au maintient du capitalisme, du racisme, du colonialisme, du patriarcat et du validisme. Elle n’aide pas la société, elle pousse à la violence, et détruit des vies. Elle est instrumentalisée pour faire taire nos luttes.
Fin de l’internement forcé, la psychiatrie comme tous les lieux d’enferment tue.

Respect et dignité pour les sans papier·es

Nous voulons la fin du fichage administratif, la
fin des papiers d’identité et la fin des nécro-
politiques envers les sans-papier·es ou exilé·es.

Contre l’islamophobie


L’islamophobie, c’est un système qui vise a opprimer les personnes musulmanes, à leur enlever leur humanité, pour pouvoir coloniser et détruire leurs espaces, leurs cultures, et leur vies.
Nous voulons l’abrogation de la loi de 2004 dite contre le voile à l’école, l’arrêt du harcèlement médiatique, et la lutte contre les attentats islamophobes (assassinat d’Aboubakar Cissé, attaques de mosquées).
Nous ne sommes pas les « barbares terroristes islamistes radicaux » que décrivent les médias.

La fin du racisme dans les commus LGBTQI+


Nous refutons l’opposition supposée entre queer et « barbares », pour que vive les cultures et luttes queer racisé·es dans nos espaces.

Contre l’homo/fémonationalisme


Nous refusons l’instrumentalisation des droits des femmes et des personnes LGBTQI+ dans le seul but de mettre en place des lois racistes et coloniale.

Un accès au soin pour tous.tes


Nous voulons la fin des discriminations au soin
par racisme ou transphobie, une gratuité des
soins garantie pour toustes et la fin des
mutilations des personnes intersexes.

Pour la Justice et la Vérité pour Babacar Gueye

Babacar Gueye a été assassiné à Rennes par la police en 2015, comme tant d’autres, à cause de la négrophobie. Justice et Vérite aussi pour Angelo Garand, assassiné par le GIGN à cause du racisme anti-tziganes.
Justice pour les assassiné·es dans les prisons, ou par les flics à l’extérieur.

Contre le capitalisme et sa précarité

Pour la création de réseaux de solidarités conséquents et inclusifs, l’application du droit au logement, la protection du RSA et du chômage.

Travail dans nos communautés

Nous souhaitons que nos communautés se posent sincèrement la question des oppressions qui se reproduisent en leur sein.
Nous encourgeons une prise de conscience que nos espaces restent innaccessibles à de nombreuses personnes pourcause de racisme, transphobie, mais aussi d’inadaptation aux personnes handie, ou en galère financière.


Nous voulons faire vivre les cultures queer racisé.es au sein des luttes queer !
Pour ca il est aussi nécessaire de sortir de nos visions occidento-centrée, de reconnaitre les violences que l’on fait vivre aux personnes exilé·es. Et d’admettre que nous recréons des normes racistes (dans la parole, les modes d’organisation..) qui excluent les plus fragilisé·es d’entre nous.

Il est donc nécessaire d’etre à l’écoute et d’adapter nos espaces aux besoins (espace de repos ou d’isolement, repenser le format des reunions, rendre nos textes lisibles pour les personnes dyslexiques…). De mettre en place des aides financières pour celleux qui en ont besoin, insister sur la gratuité pour les personnes en galère de thunes et encourager les personnes avec des privilèges financier à filer des thunes! Il est important de mettre en valeur et de laisser la place aux personnes exilé·es. De soutenir leurs combats,et d’aider à porter leurs voix.

Nos revendications vous intéressent ?
Rendez-vous sur expansive.info, on en parle bien !

Face aux transphobes qui grouillent la riposte s’organise

TRADUCTION DE 7 TEXTES DU COLLECTIF DE JEUNESSE TRANS « TRANS KIDS DESERVE BETTER » SUITE À LEUR ACTION DU 11 OCTOBRE

Tradicton de 7 textes du collectif de jeunesse trans « trans kids deserve better » suite à leur action du 11 octobre.

TRIGGER WARNING : transphobie, suicide.

Contexte de l’évènement

Vendredi 11 Octobre se tenait une réunion de transphobes d’Outre-Manche organisée par la LGB Alliance1 et avec comme invité.es bon nombre d’assos telles que le Women’s Right Network, les LGB Christians, Sex Matters, ou encore le Bayswater Support Group.

Sous leurs faux-airs « LGB »-friendly ce sont en réalité une majorité de personnes cishet liées à l’extrême-droite britannique qui s’y cachent. Avec comme seul objectif de mettre à mal nos existences de personnes trans. Et qui d’autre pour ouvrir le bal que la seule et l’unique Joanne Kathleen Rowling en facetime depuis son yacht (c’est même pas une blague !).

Et alors que la fête battait son plein et que les fascistes se réjouissaient du fait que personne n’était venu protester leur petite réunion, près de 6.000 criquets furent lâchés de l’intérieur par 4 jeunes du collectif Trans Kids Deserve Better pour perturber l’événement.

De fait, iels ont réussi et la fête a coupé court. Iels ont déguerpi.es et les camarades de Westminster ont empêché les groupuscules fascistes de se réunir pour une durée prolongée.

Témoignage d’un.e gaminsecte (1/7)

J’ai pris part à l’action des criquets parce que je suis fatigué’e de voir que certain’es pensent qu’iels savent mieux que nous ce qui est bon pour nous. Je suis en colère.

La LGB Alliance est une organisation qui répand la haine et la désinformation envers la commu trans. Avant que nous ne libérions les criquets, la conférence s’articulait autour de discours transphobes et nos identités étaient traitées comme sujet de débat et était un moyen pour elleux de déverser leurs idées réactionnaires. Si nous n’y eussent pas mis fin, les issues de cette conférence auraient été dévastatrices pour la jeunesse trans du Royaume Uni !

Le climat actuel au Royaume Uni pour les personnes trans est menaçant. De plus en plus de nos droits, de notre dignité, de notre accès au soin et à la transition, nous sont retirés, en parti à cause d’organisation telles que la LGBA qui possède un soft-power immense dans notre politique nationale, et qui tente de nous réduire au silence en prétendant qu’iels « savent mieux que nous ». Personne ne sait mieux que nous ce qui est bon pour nous ! Nous refusons l’oppression ! Nous élèverons nos voix et continuerons à pratiquer l’action directe !

Nous continuerons à nous battre avec rage et amour !

-Joker

Témoignage d’un.e gaminsecte (2/7)

Me rendre à la conférence de la LGBA m’a conforté’e dans l’idée que, au pire, les TERFs sont détestables, que se sont des gens qui ne pensent qu’à faire souffrir les autres, ou au mieux des gens qui tentent tant bien que mal de se faire entendre et de passer pour des « bon’nes féministes », et qui ruinent les vies d’enfants dans le processus.

Je suis tellement fatigué’e à ce stade. Les gens qui m’étaient les plus proches ont ruiné ma relation avec elleux. Leur réticence à se soucier de moi a anéanti mon amour, ma santé mentale, ma sécurité, et ma putain de paix intérieure.

Ce que font les transphobes c’est rendre nos existences difficiles, de prendre un petit déjeuner, d’étudier, jusqu’à parler à ses ami’es et à sa famille. Iels te mettent une voix dans la tête qui te raconte pourquoi tu mériterais de mourir. Iels mettent des lois en place qui poussent des gosses au suicide. C’est pourquoi cette action était nécessaire. Nous refusons de les laisser nous tuer. Nos vies et nos voix seront entendues. Iels ne peuvent pas nous empêcher d’exprimer notre joie de vivre pour toujours.

Badger

Témoignage d’un.e gaminsecte (3/7)

J’ai pris par à cette action car que je crois qu’il y a un besoin urgent d’actes militants pour les droits trans, et car je suis fatigué’e des politiques de respectabilités représentant le mouvement de libération trans.

La jeunesse trans réalise des actions risquées car nous débordons d’amour mutuel et d’espoir de construire quelque chose de mieux. Je ne me suis jamais senti.e aussi confiant.e qu’un monde libre et meilleur est possible, que quand je suis qu’avec mes camarades de Trans Kids Deserve Better. Je vois les liens de nos futurs se tisser à chaque réunion, dans chaque rire que nous partageons. Mais nous pratiquons aussi l’action directe car nous n’avons pas d’autres choix. C’est avant tout une question de survie et, peu importe à quel point l’Etat aimerait que nous le fassions, jamais nous ne nous excuserons de vivre.

La lutte pour les droits queer et trans a toujours été menées par des émeutes, du militantisme, et en prenant ce qu’on méritait sans attendre qu’on nous le donne. La libération trans ne sera jamais gagnée par des affiches ou des mails, mais peut être remportée en perturbant des conférences ou en occupant des bâtiments. Je n’ai pas à tolérer ou à discuter avec des groupes dont le seul but est de se débarrasser de mon existence. Je refuse de débattre avec eux.

Soutenez les enfants trans. On mérite mieux.

-Robin

Témoignage d’un.e gaminsecte (4/7)

Moi et tant d’autres enfants trans sommes fatigué’es de la façon dont nous sommes traité’es en politique, dans les institutions de santé, à l’école et dans nos vies quotidiennes. Et la seule raison d’existence de la LGBA est de rendre ce traitement encore pire. L’alliance LBG s’est opposée à une loi interdisant les thérapies de conversions, et iels revendiquent que celles-ci existent uniquement pour « aider ».

Quand j’avais 12 ans j’ai tenté de m’ôter la vie pour la première fois parce que je me sentais enfermé’e dans mon propre corps, et avec la liste d’attente interminable de la NHS2 et les cliniques privées étant si chères, j’en était venu.e à la conclusion que je ne pourrais jamais avoir accès à une transition médicale. Quatre ans et beaucoup de recherches plus tard, je me sens tellement moins bloqué.e maintenant que je sais que j’avais tord et que je pourrais transitionner plus tard. Je suis capable de vivre une existence heureuse parce que je sais que je ne suis pas coincé.e pour toujours, et cette liberté me permet de concevoir et de construire un futur que je suis sur’e d’aimer.

L’alliance LGB veut empêcher les personnes trans d’avoir accès aux transitions médicales, et ça me terrifie. L’idée d’être bloqué’e dans un corps qui ne me convient pas sans possibilité de changer est glaçante, et je souhaitais que la LGBA voit et comprenne ne serait-ce qu’un petit peu ce sentiment. J’ai pris part à cette action parce que être bloqué’e dans un corps qui ne me convient pas sans possibilité de transition est comme être bloqué’e dans une salle de conférence pleine de crickets.

-Chris

Témoignage d’un.e gaminsecte (5/7)

J’ai decidé d’agir contre l’alliance LGB car nous ne pouvons pas nous permettre de les laisser avoir des espaces pour s’organiser sur comment nous faire souffrir. Perturber ces événements est un acte d’auto-défense. La LGBA ont pris racine à Tufton Street3, ce qui veut dire que pendant qu’iels vont se plaindre d’être réduits au silence sur des chaînes mainstream, iels continuent d’intervenir dans l’espace médiatique et d’influencer les politicien’nes qui peuvent décider de notre vie ou de notre mort.

J’ai participé à toutes les actions que l’État me permet d’écrire à mon député, les manifestations autorisées par la préfecture… Mais nous n’achèverons rien contre l’état transphobe à moins de refuser les règles qu’il nous impose. C’est uniquement lorsque nous dérangeons et désobéissons que nous pouvons réellement ébranler les systèmes qui nous oppriment. C’est uniquement lorsque les institutions se retrouvent sous les pavés (ou 6000 crickets) que nous faisons réellement trembler leurs fondations.

L’alliance LGB peut nous accuser de ne pas connaître notre histoire, mais je sais que nous portons l’héritage de la résistance queer. Trans Kids Deserve Better honore nos ancêtres queers et c’est vraiment puissant.

-Goose

Témoignage d’un.e gaminsecte (6/7)

Nous avons passé tellement de temps à nous sentir démuni’es, en voyant les transphobes et le gouvernement nous attaquer, cracher sur nos droits et nos existences, nous malmener, sans réelle opposition au vaste pouvoir dont iels disposent actuellement au Royaume-Uni.

Réaliser cette action était important pour moi car ça prouve qu’une organisation de transphobes qui sort de Tufton, croulant sous les financements et supportée par des figures politiques, peut être arrêtée par une bande de gosses avec des criquets dans leurs futales. Et c’est tellement puissant. Car ça veut dire qu’on a pas à rester sans rien faire à regarder notre commu souffrir : on peut mettre en place des actions contre cette haine, avec le pouvoir et l’amour de toustes nos adelphes trans, et on peut GAGNER.

Cette action était aussi importante pour moi car je crois que les criquets devrait avoir le droit de participer au militantisme autant que les humain’es.

-Zeds

Témoignage d’un.e gaminsecte (7/7)

Nous agissons car on ne nous laisse pas d’autres choix. Dans un monde où nous devons survivre en sachant qu’il y a des groupes animés d’une haine inébranlable à notre égard, où nous devons regarder nos ami’es mourir et nos droits être dépouillés ou ne jamais voir le jour, on ne peut pas juste attendre tranquillement et espérer que les choses s’amélioreront d’elles-mêmes.

C’est terrifiant, mais le simple fait d’exister en étant moi-même est terrifiant alors autant canaliser ma peur en me battant. Le fait que nous soyons prêt.es à prendre tant de risque démontre bien à quel point nous avons peu à perdre. Je voulais faire ressentir à la LGBA un millième de la peur avec laquelle nous devons porter au quotidien, pendant qu’iels se moquent de nous, nous déshumanisent et nie nos existences. Iels ne méritent pas la satisfaction de nos silences.

Je veux voir un monde où je peux me sentir en sécurité quand je sors, où ma meilleure amie peut être fière en tant que meuf trans, où je n’ai pas à convaincre des gosses de 13 ans de ne pas se suicider. Personne d’autre n’a l’air d’en avoir quelque chose à carrer, alors on va créer ce monde pour nous mêmes et ça va être magnifique.

-Rings

L’ISSEP en feu, les transphobes au milieu !

A l’heure où la montée de l’extrême droite continue à menacer les existences trans et où 64 camarades se font interpellé.es à Paris pour avoir empêché un meeting de TERFs, il est primordial de soutenir toutes les actions de résistance face aux attaques réactionnaires transphobes. Alors que Stern et Moutot se qualifient elles-mêmes de « femmes les plus en danger en France » et parle de « trans-terrorisme », donnons leur raison d’avoir peur. Organisons la riposte face à la répression et aux transphobes de tous les pays.

Face aux fachos et aux transphobes,face aux fachos et aux transphobes,

BASH BACK !


  1. La LGB Alliance (l’Alliance Lesbienne Gay Bi), est une organisation transphobe fondée en opposition à Stonewall, et dont le seul but est de lutter contre les droits trans en se servant de leur nom pour se faire passer en victime lorsqu’iels se font dénoncer pour leur transphobie. ↩︎
  2. National Health Service : système de santé publique du Royaume Uni. ↩︎
  3. Quartier de bourges et de thinktanks d’extreme-droite à Londres. ↩︎

Cortège décolonial 2024

appel pour un cortège décolonial en tête de la Pride de Rennes 2024

Maintenant on fait quoi ?

C’est la merde, tu le sais.
Les fafs sont en force, oui, la gauche est globalement pas foutue d’être antiraciste, d’accord, les LGBTQI+ se prennent tacles sur tacles, c’est vrai.


Maintenant, on fait quoi ?

On te propose un truc, qui changera pas la face du monde mais qui fera sens. On te propose un cortège, qui croise les enjeux de race, de genre et de sexualités. On te le propose parce que ces discours, ces vies, ces situations matérielles, sont trop cachées, oubliées, denigrées.

Si tu fais partie des gens qui croient en la complémentarité des luttes, en l’idée qu’en croisant nos espaces de luttes on devient plus fort·es ensemble, viens avec nous.

Si tu fais partie des gens qui pensent que notre ennemi commun est le fascisme et le conservatisme, et que mettre dos à dos les racisé·es et les sexisé·es leur ouvre les portes du pouvoir, viens avec nous.

Si tu penses que le racisme est ancré en France, dans toutes les sphères et dans toute son histoire, et que tu veux que les sphères LGBTQI+ sortent de ce racisme, viens avec nous.


Si tu as honte que ton drapeau soit dans les mains d’un soldat israélien, au porte-drapeau d’une mairie qui laisse des migrant·es à la rue, accroché au char d’une marque qui exploite le racisme pour accroître son capital, viens avec nous.

Et puis, si tu es moins convaincu·e de ça.
Si tu sais qu’il faut être antiraciste mais que tu ne sais pas comment t’y prendre.
Si tu as plus peur des arabes et des noirs dans la rue, mais que tu détestes cette émotion et
que tu veux lutter contre.
Si tu sais que les fachos disent de la merde, mais que tu ne sais pas les contrer.
Si tu crois un peu en leur chiffres, en leur « faits », mais que tu ressens du dégoût à y
croire.


Non, les cultures non-blanc.hes, en France comme à l’étranger, ne rendent pas plus difficile la vie des LGBTQI+.


Parlons de ce qui les rend difficiles : pensées réactionnaires, fascistes, conservatrices !

Créons un cortège décolonial, avec tous les collectifs, gen·tes concerné·es et allié·es qui veulent porter un croisement de luttes antiracistes, antipatriarcales, antifascistes, pour la libération des communautés religieuses, ethniques, de genre et de sexualité opprimées.


Que tombe le contrôle de nos vies par nos oppresseur·ses !

RDV sous les drapeaux des luttes décoloniales et antifascistes, ramène aussi tes drapeaux !

Cortège queer et décolonial
15 juin, 14h, à l’avant de la Pride !

Nos droits ne sont jamais acquis

Dans un monde patriacal, cishétéro, blanc valid, nos droits ne sont jamais acquis.

Prise de paroles faite à l’occasion de la manifestation du 28 mai contre l’offensive transphobe.

Quoiqu’il se passe au Sénat ce soir, cette loi qu’elle passe ou non, qu’elle soit retoquée ou non par le conseil constitutionnel à cause des problèmes d’accès au droit qu’elle pose. Cette loi n’est que le début, et nos droits ne sont pas acquis.

Chaque année, à mesure que l’extrême droite et ses idées mortifères gagnent du terrain, les idées transphobes, homophobes, queerphobes se répandent un peu plus chaque jour dans les médias et dans les esprits.

Il y a plus de dix ans, ce qui était alors l’UMP se battait contre le mariage tous, en 2016 contre la dépsychiatrisation des parcours trans, aujourd’hui avec leurs amis idéologiques du RN, ils s’attaquent à nouveau à nos existences, comme ils s’attaquent aussi au droit de toutes les femmes. Certes, la droite et l’extrême droite se confondent de plus en plus, mais les réactionnaires n’ont jamais considérés nos victoires comme des droits légitimes et ils lutteront toujours contre, tout comme ils luttaient jadis contre le PACS et l’accès au soin les personnes sidaïque. Tout comme ils mettront toujours en avant la famille traditionnelle, les racines chrétiennes de la douce France et la soi-disant protection de l’enfance.

Ce qu’ils font en réalité, c’est lutter contre nos existences mêmes. Le modèle social qu’ils souhaitent c’est un monde patriarcal, cishétéro, blanc, valide, et nous serons toujours une épine dans leur pied.

Nos droits ne seront jamais acquis parce qu’ils ne peuvent pas l’être dans un monde capitaliste qui préférera toujours le profit et la norme, à la liberté et aux respects de toustes. Ils ne seront jamais acquis dans des États impérialistes et racistes dont la puissance dépend des ressources qu’ils s’approprient et des corps qu’ils brisent. Ils ne seront jamais acquis quand nos gouvernants préfèrent faire quelques économies sur la santé de toustes, et notamment des plus précaires, plutôt que de taxer ceux qui privatisent le monde.

Pire, aujourd’hui notre ennemi ce n’est pas que le capital, mais bien son alliance avec le fascisme. Ici comme ailleurs, nos États deviennent de plus en plus autoritaires, ils précarisent toujours plus, cassent les acquis sociaux durement gagnés par nos aînés. Ils détruisent les corps intermédiaires, criminalisent la gauche, tente de mettre au pas les associations et collectifs militants et devant la résistance de celleux qui sont opprimé.e.s déploient une répression toujours forte pour maintenir leurs assises.

L’alliance de la macronie avec l’extrême-droite n’est une surprise pour personne, seul ce duel fabriqué de toute pièce leur permet de se maintenir au pouvoir. Mais plus cet pseudo-opposition se met place, plus la droite adhère à toutes les idées fascistes.

Chaque jour, sur leur plateau bourgeois, ils discutent grand-remplacement, débattent de ce qu’est selon eux une homme ou une femme, se questionnent sur la culture des non-blancs et leur capacité à vivre avec, réfléchissent à comment mater une jeunesse qu’ils ne comprennent pas et qui n’adhèrent pas à leurs valeurs, en somme se pensent expert de tout dans leur entre-soi et dénigrent tout ce qui ne leur ressemblent pas.

Nos droits ne seront jamais acquis. Aujourd’hui nous voyons une attaque sans précédent sur les droits des personnes trans, hier nous avons vu la normalisation des idées de l’extrême droite dans un texte raciste mal nommé « asile et immigration ». Demain l’IVG, qui a été constitutionnalisé avec difficulté, pourrait être facilement attaqué en coupant les financements des structures qui le permettent. Sans parler des nouvelles lois précarisantes déjà annoncées pour en finir avec le droit du travail et le droit au chômage. Pourquoi parler de tout cela ? Car c’est lié. C’est bien le terme « Grand Remplacement » qu’utilisent Stern et Moutot pour vomir leur idées transphobes et complotistes où les femmes trans remplacerait les »vrais femmes ». C’est bien les valeurs de la France qui sont opposées à la soi-disant propagande LGBT, tout comme était opposé à « me too » la culture de la galanterie à la française. C’est bien aussi sur des médias d’extrême droite que les figures transphobes vont majoritairement en mêlant ces questions à celles du racisme.

Bref, les réactionnaires de tout bord, dont les transphobes et les fascistes marchent ensemble, main dans la main, et ce depuis des décennies. La question comme toujours est :

Que fait-on ?

A la FRAP, nous croyons à l’organisation, nous pensons qu’il est nécessaire de construire un front commun contre la transphobie et les queerphobies, contre le patriarcat, contre le fascisme, contre le racisme. Nous sommes presque au mois de juin, nous savons bien qu’un mouvement social d’ampleur ne va pas prendre tout de suite, mais nous devons pour la rentrée et pour les prochains mouvements qui arrivent : faire du lien entre nous, penser et faire vivre les espaces d’organisation, sortir de notre isolement et de notre sentiment d’impuissance, nous entraider et développer les solidarités.

Il est également nécessaire d’aller chercher nos allié-es, partout, y compris au delà de nos cercles militants et politiques ou affinitaires. Parlons aux personnes cis, parlons aux organisations féministes et antipatriarcales, parlons aux orgas de jeunesse, aux syndicats de l’éducation, au monde du travail et aux travailleurses, notamment dans les domaines de la santé. Établissons ainsi le rapport de force contre les réactionnaires. Exigeons de nos allié-es qu’iels soient effectivement des allié-es, mais ne nous coupons pas non plus de leur soutien. Car nous n’arriveront à rien si nous restons seul-es et marginal’aux.

Utilisons aussi les prides, notamment celle de Rennes le 15 juin, pour faire une démonstration force contre les fascistes et les réactionnaires.

Surtout, organisons-nous ensemble pour non seulement préserver nos droits, mais pouvoir en gagner de nouveau et construire une autre société.

Retour sur la mobilisation trans du 4 Mai

Posté à la suite de la manifestation du 4 mai 2024.

Nous étions présent’es ce samedi 4 mai à Rennes au rassemblement à l’appel de Ouest Trans, NousToutes35, Du Pain et des Roses et plein d’autres orgas LGBTI, Queers et féministes, contre les attaques envers les droits trans et reproductifs. Nous étions plus de 700 personnes, dans la majorité des personnes concernées, mais on notait aussi la présence très appréciée d’allié’es et de parents de personnes trans venu’es en soutien. Des pancartes et des banderoles appelaient à l’organisation de la riposte contre l’offensive transphobe et réactionnaire que nous vivons, d’autres appelaient à protéger les enfants trans, certaines réaffirmaient le droit à l’autodétermination et à disposer nous-mêmes de notre propre corps. Enfin, des pancartes et banderoles étaient particulièrement véhémentes envers les TERFs, les fafs et les transphobes.

Les prises de paroles de collectifs se sont enchainées, toutes rappelant l’évidence des liens entre transphobie et extrême droite, la nécessité de faire front commun avec nos allié-es dans notre lutte contre les attaques que subissent les personnes trans, et faisant le lien entre ces attaques et l’ensemble des casses sociales que l’Etat effectue avec violence, ainsi que les attaques contre la jeunesse en vue de sa mise au pas. Le tout ponctué de quelques slogans et chants.

A l’issue de ces prises de paroles, et alors que beaucoup de gens hésitaient entre partir et rester encore un peu, initiative a été prise d’appeler à une déambulation sauvage pour prolonger un peu le moment, et crier un peu notre colère et notre détermination sans rester confiné-es bien à l’étroit sur Place de la République. Cette initiative de manif sauvage a été très suivie. Comme les vilains en uniforme bleu se sont empressés de se déployer pour nous empêcher d’aller dans l’hypercentre, le cortège sauvage s’est élancé sur le parcours habituel de manif, deux banderoles s’alignant en tête pour diriger la marche, les slogans fusant de partout.

Dans leur empressement à bloquer l’accès à l’hypercentre, les flics ont oublié de bloquer l’accès au commissariat et au TGI. La manif s’est donc dirigée dans cette direction, aux cris de « Etat transphobe ! Justice complice ! ». Car nous savons la propension des procureurs et des juges à refuser les dossiers de demande de changement de mention de sexe à l’état-civil pour des raisons purement transphobes, parfois avec une obscénité bien crasse dans leurs rendus de jugements. À nouveau, les flics empêchaient de s’approcher de trop près du commissariat et du TGI. Le cortège a bifurqué, chantant toujours contre la justice transphobe, avec des slogans véhéments contre la Police, des slogans antifas, anti-terf, des slogans de soutien aux personnes trans du monde entier, en soutien aux personnes intersexes, etc. La colère se mêlait à la joie de se voir autant ensemble et à la détermination à continuer le mouvement : « Transphobes ! Tremblez ! Ca ne fait que commencer ! ».

Finalement le cortège est arrivé sur l’esplanade Charles de Gaulle, où une AG a été improvisée, pour donner la parole à qui le souhaitait, et pour partager des envies, des perspectives, des idées pour continuer la lutte. L’idée de l’importance des diversités des tactiques ressortait beaucoup, de même que l’accent sur le besoin de solidarité, d’entraide, et de sortir de nos isolements, et de l’importance de rejoindre au maximum les espaces d’organisation existants ou à créer.

A l’issue de cette AG, décision a été prise de proposer un rendez-vous Mardi 7 Mai, à 18h à Rennes 2 au Hall L, pour une Assemblée Générale afin continuer à partager nos envies et perspectives pour la lutte !

face aux fafs et aux réactionnaires : organisons la riposte trans et non-binaire

Construisons un réel mouvement social s’inscrivant dans la durée, pour défendre les droits de personnes trans mineures, mais aussi ceux des personnes LGBTI dans leur ensemble.

Bon, globalement vous êtes au courant de ce qu’il se passe…. La monté en intensité des attaques transphobes, on la voit quotidiennement ces derniers temps. Revenons tout d’abord sur les propositions de loi émanant des réactionnaires des Républicains (LR), et des fachos du Rassemblement National (RN), sur la base des « experts » transphobes les plus abjects, prônant les thérapies de conversion (“observatoire de la petite sirène”, M et M etc…).

Ces lois s’attaque grosso merdo à ce qu’on a maigrement gagné aux prix de décennies de luttes. Ces lois s’attaquent aux jeunes, à l’accès aux soins, à la dépsychatrisation des parcours trans etc… En bref elles s’attaquent à notre droit (et notamment aux droits de nos adelphes mineur-es) à l’existence. Elles prônent plus largement l’enfermement des personnes trans dans des parcours psychiatriques, et a des thérapies de conversions.

Parlons aussi des nombreuses affinités non cachées d’une (grande) partie des membres de la majorité à ces propositions de lois. Les néolibéraux embrassent de plus en plus les thèses et idées fascisantes et cela ce voit, que cela soit avec la reforme des retraites, la « loi immigration », la répression sanglante des révoltes populaires survenues suite à l’assasinat de Nahel, les attaques permanentes contre la gauche, le culte de la discipline (via la volonté d’attaquer la jeunesse via le SNU et les uniformes) etc… Cela est d’un cynisme absolu, et en plus, pire que tout, c’est du bullshit.

Leurs solutions ne vont rien apporter de positif pour les trans. Lutter contre l’accès aux soins et contre les reconnaissances sociales des personnes trans… c’est lutter pour notre effacement. C’est un processus qui vient augmenter les violences anti-trans et augmenter les suicides (déjà beaucoup trop nombreux !). Il Suffit de voir en UK, les violences transphobes sont en nette hausse (+11% en 2023), elles sont interconnectés avec les violences médiatiques, et les violences législatives venant restreindre massivement l’accès aux bloqueurs de puberté, aux hormones… En bref restreignant l’accès aux soins des personnes transgenres.

En plus de ces propositions de loi immondes, voilà que notre duo de TERFs « préférées » (Stern et Moutot pour ne pas les citer), nous chient un torchon reprenant toutes les inepties transphobes et plus largement LGBTIphobes les plus classiques et convenues. Inutile de faire ici un listing de ces horreurs parfois uniquement affligeantes et insultantes qu’elles nous déballent en 400 pages (quel gâchis de papier).

Un mot cependant sur une expression employée : « Grand Remplacement », pour désigner ce fantasme de ces femmes trans qui remplaceraient les « vraies femmes » dans les espaces féministes, mais plus largement dans les espaces publics (les chiottes en tête), ect.


Elles se disent radicales
Elles se disent féministes
Mais on sait toustes
Que les TERFs sont des fascistes

L’utilisation à des fins de transphobie de cette expression raciste et complotiste chère à l’extrême droite est loin d’être anodine. Ce ne sont plus des porosités qui existent entre les TERFs et les fascistes, il s’agit bien de fusions idéologiques. Ce fait est acrédité par les nombreuses interviews de nos TERFs nationales dans les pires médias d’extrême droite, ce qui s’ajoute à leurs liens manifestes avec des collectifs fascistes comme Némésis.

Les TERFs et autres orgas transphobes et les fafs, main dans la main, cherchent à diffuser massivement cette idée que les personnes trans sont dangereuses pour la société, pour les belles valeurs qui feraient la France, et pire : un danger pour les enfants.

Le discours ne change pas depuis des décennies, et fait écho au « Protégeons nos enfants » que scandait La Manif Pour Tous, slogan qui n’est qu’une redite des angoisses réactionnaires nées à la création du PACS.

De plus, ces propositions de loi s’inscrivent dans un contexte politique de violentes attaques contre la jeunesse, de son uniformisation et de sa mise au pas. SNU, uniformes (fabriqués par des enfants au Bangladesh…), stigmatisation des élèves dits « perturbateurs » et leur enfermement dans des « internats à encadrement militaire », pénalisation de ces élèves sur Parcoursup et ainsi pour toute leur vie, etc. La liste de ces mesures répressives est longue et scandaleuse.

Comment seront traitées les personnes trans qui dévient des codes genrés ? Plus largement, comment seront traités les personnes LGBTI qui dévient de la norme cis-hétéro-normative ?

Pour Attal et Belloubet, la question, elle est vite répondue. Et pour l’ensemble des réacs, cela passera par l’interdiction aux mineurs de transitionner et de vivre leur identité.

Aujourd’hui, ils attaquent les personnes trans mineures. Ne soyons pas naïfves : demain ils attaqueront toutes les personnes trans. Rappelons que Macron a menacé de couper dans les ALD pour faire des économies, ALD dont bénéficient les personnes trans dans le cadre de leurs transitions médicales. Regardons ce qui arrivent dans les pays où les offensives réactionnaires contre les minorités sexuelles et de genre aboutissent. Cela commence par des interdictions de la « propagande LGBT », l’effacement de leur existence dans l’espace public, les livres et les médias. Puis la criminalisation de leur existence même.

Dans le même temps, les femmes dans leur ensemble sont également des cibles. Interdiction de l’IVG, interdiction/limitation d’acces aux soins et protections sexuelles, masculinisme croissant. Cette vague réactionnaire contre les droits des femmes et minorités de genre est en nette progression. L’exemple des USA est très révélateur… Les réacs luttant contre l’IVG luttaient aussi contre les personnes trans. Aujourd’hui, 18 états américains interdisent l’IVG et des lois restreignant le droit des personnes transgenres ont été adoptées dans 14 États.

Alors que fait-on ?

Depuis quelques jours, la riposte contre cette offensive transphobe et réactionnaire commence à s’organiser. D’abord sont apparus en nombre des textes, et des tribunes expliquant la situation et appelant à la mobilisation.

Mais les textes, les tribunes, les pétitions et les manifestations ne suffisent pas. Il est nécessaire de nous organiser en un front commun et d’unir toutes nos forces contre la transphobie, contre le fascisme, contre le patriarcat, contre les LGBTIphobies. Il est nécessaire de sortir de notre isolement et de notre sentiment d’impuissance, de nous rencontrer, de partager nos savoirs, de nous entraider et développer des solidarités.

Photo de drapeau dans une manif. Un drapeau LGBT et un drapeau trans. Tous ont un drapeau antifasciste peint dessus.

Il est également nécessaire d’aller chercher nos allié-es, partout, y compris au delà de nos cercles militants et politiques ou affinitaires habituels. Parlons aux personnes cis, parlons aux organisations féministes et antipatriarcales, parlons aux orgas de jeunesse, aux syndicats de l’éducation, au monde du travail et aux travailleurses, notamment dans les domaines de la santé, etc etc. Établissons ainsi le rapport de force contre les réactionnaires. Exigeons de nos allié-es qu’iels soient effectivement des allié-es, mais ne nous coupons pas non plus de leur soutien. Car nous n’arriveront à rien si nous restons seul-es et marginal-aux.

Enfin, rappelons nous de la dimension internationale des attaques transphobes. Au Royaume-Uni, les bloqueurs de puberté ont été interdits aux personnes trans mineures. En Belgique et en Suisse, des propositions de loi visant à empêcher les personnes mineures de transitionner sont également déposées. Notre riposte doit être internationale.

Commençons par prendre la rue le 4 Mai à Rennes, le 5 Mai dans les autres villes où des rassemblements et manifestations se tiendront.

Mais ne nous arrêtons pas là. Construisons un réel mouvement social s’inscrivant dans la durée, non seulement pour défendre les droits de personnes trans mineures, mais aussi pour défendre ceux des personnes trans, et des personnes LGBTI dans leur ensemble.

Photo d'une manif antifascite, le bloc vétu de noir. Un drapeau non-binaire flotte au vent. Peint par dessus, deux visage cagoulé en rouge et noir avec l'inscription smash fascism

Pourquoi la FRAP se positionne contre le call-out (systématique)

L’idée derrière le « Call-Out » vient de l’intention de dénoncer, de façon publique, un
comportement qui est jugé comme problématique. Le but, pour celleux utilisant ce moyen de dénonciation publique, est notamment de faire en sorte que la personne agresseur·euse soit « effacé·e » ou « évincé·e » du milieu dans lequel le call out est effectué et que cette dernière ne puisse plus, en théorie, nuire à d’autres personnes de ce milieu.

Si nous ne nions pas que cet outil peut parfois être pertinent, nous constatons néanmoins que ce qui était un simple outil est devenu, bien trop souvent, un processus systématique permettant d’épurer nos milieux militants sans qu’il y ait plus de réflexions sur les conséquences que cela peut avoir.

Or, à la FRAP, nous souhaitons sortir des sillions de la justice punitive ; dès lors nous ne pouvons que remettre en question cet outil très utilisé et nous nous opposons à son
usage systématique au sein des sphères militantes. A comprendre que, généralement, la seule réponse proposée dans la gestion des personnes agresseur·euse·s est le call out et l’exclusion des personnes en question. Or s’interroger sur le bien-fondé de cette utilisation fait partie prenante de la volonté de mettre en place des outils et des modes d’organisations efficaces, afin de ne pas reproduire un système que nous cherchons à
détruire.

Accepter le call out systématique revient aussi à nier ce que peut engendrer la justice punitive, autant pour la personne visée que pour les personnes qui pourraient croiser sa route. Or, comme elle nous le prouve chaque jour, la justice punitive est inefficace. Elle ne réhabilite pas et ne répare rien, au contraire, elle maltraite, isole et détruit les personnes inculpé·e·s en les maintenant au banc de la société et en les poussant vers la récidive ; tout en ne proposant rien d’autre qu’un maigre soulagement aux personnes victimes. En outre,nous constatons que, tout comme nous ne sommes pas toustes égaux devant notre système judicaire (qui reproduit des systèmes de dominations racistes et queerphobes notamment), la gestion des personnes agresseur·euse·s par le call out
systématique tend à les reproduire elle aussi.

Ainsi, nous avons tout intérêt à gérer collectivement les situations qui appelleraient à un call out systématique. Parce qu’en effet ce n’est pas en niant qu’il puisse y avoir une gestion à faire, et en évinçant une personne d’un milieu, que ladite situation disparait. Pire, la situation problématique a d’autant plus de raison de se reproduire puisque la personne passe sous les radars, dénuée d’outils, de soutiens ou d’accompagnements qui puisse assurer d’un changement de comportement.

Notons aussi que la notion de call out est rattachée à une forme d’essentialisme, comme si seules certaines personnes spécifiques étaient par nature destinée à être des agresseur·euse·s et à le rester jusqu’à la fin de leurs jours. Cela revient à nier que nous pouvons toustes être victimes d’agression et agresseur·euse·s au cours de notre vie et que ces agressions ne sont pas que le fruit de responsabilités individuelles, mais aussi le produit de systèmes de dominations.

Cependant, dire cela ne doit en rien minimiser les actes qui peuvent être commis, de manière involontaire ou non, cela ne les rend pas moins problématique et cela ne nie en rien l’impact que ces actes peuvent avoir sur celleux qui en sont victimes. Dire cela permet en revanche de réfléchir différemment à ces questions et d’essayer d’utiliser d’autre levier que ceux de la punition (souvent inefficace) pour que les agressions ne se produisent plus.

Nous ne souhaitons pas militer dans l’entre-soi, dans le « cocon » safe que l’on peut voir dans beaucoup de sphères militantes. Evoluer dans un monde militant qui fait peser une épée de Damoclès sur toustes (ici représenté par la menace d’un call out), qui peut alors retomber sur chacun·e à chaque parole mal formulée, n’est pas ce que nous souhaitons, car nous ne faisons alors que reproduire ce contre quoi nous prétendons lutter (notamment la justice punitive). En outre, l’idée selon laquelle un « espace safe » pourrait être créé, grâce à l’utilisation systématique du call out, est un mensonge collectif qui met sous le tapis et nie de nombreux problèmes qui traversent le militantisme.

Si le sujet du call out et son re-questionnement systématique vous intéresse, un protocole de gestion des agressions et micro-agressions en milieu militant est disponible sur notre site. Ce protocole est le fruit de la rencontre entre le CRAC (Collectif Rennais Anti-Carcéral) et la FRAP, pour pouvoir proposer d’autres solutions que la justice punitive comme seule voie.

Nous désirons trouver d’autres outils, créer des nouvelles manières de gérer nos propres organisations et notre propre « justice », en espérant vous y retrouver avec nous. Parce que l’on ne réussira pas à détruire ce système en utilisant les couteaux qu’il dirige contre nous, construisons de nouvelles armes.

Pride Radicale 2022


Ici et ailleurs, le fascisme est à notre porte ; quand il ne s’est pas déjà tout simplement installé confortablement. Les présidentielles et le cirque médiatique autour révèlent à quel point le fascisme est plébiscité, quand la gauche est criminalisée.


Même dans des milieux dits féministes, les voix relayées sont les plus proches des idéaux fascistes : mouvements excluant les trans (TERFS) et les travailleur.euses du sexe (SWERF), islamophobes et identitaires, traditionalistes (La Manif Pour Tous)…


Combiné avec un libéralisme de plus en plus féroce, le climat politique est à vomir. La surexploitation des ressources naturelles et la surconsommation continuent pendant que les forêts crament et que le vivant disparaît. Ce brasier est aussi social : services publics en miettes, inflation galopante, destruction des minimas sociaux et du chômage, les précaires seront toujours celleux qui paieront. Les personnes queers, à cause de la difficulté à se loger, à trouver un taff, à accéder et payer leurs soins, sont déjà extrêmement précarisé·es. Souvent rejeté·es par leur familles et isolé·es, iels sont très exposé·es à la catastrophe sociale en cours.

La seule issue pour le capitalisme dese préserver, c’est de s’allier avec les fascistes et de s’en inspirer. La répression est de plus en plus violente contre les mouvements sociaux, les keufs sont en roue libre et assassinent toujours plus, couverts par l’État. La justice bourgeoise est de plus en plus punitive, du jugement aux conditions d’emprisonnement, notamment avec les minorités pour les forcer à rentrer dans le moule. Les personnes trans sont toujours emprisonné·es au regard de leur parties génitales, régulièrement en isolement « pour leur protection ».


Le capitalisme exacerbé et le fascisme croissant écrasent de plus en plus de précaires, notamment celleux considérés comme TransPédéGouine+. Hormis le mois des fiertés où les vitrines sont teintées de drapeaux LGBTQI+, tout le monde s’en branle.

La seule subversion de genre et de sexualité acceptable, c’est celle qui correspond aux codes bourgeois, celle qui transforme nos revendications en jolies décorations : la mode, la pub, le cinéma, l’art. Les sphères politiques et bourgeoises ne nous acceptent que comme objets, dans la limite du discret, de l’acceptable, du binaire.
Par contre, quand on est intersexe, les mutilations génitales médicalement
injustifiées et les traitements hormonaux forcés dès l’enfance sont la norme imposée. Quand on n’est pas un.e homo ou un·e bi au service du RN ou de LREM, mieux vaut se taire et se planquer. Quand on est trans, binaire ou non, on l’est soit trop, soit pas assez.

Et pendant que l’État se gargarise des quelques droits anecdotiques qu’il nous accorde, le backlash médiatique est toujours plus vener : les TERFS sont reçues en grandes pompes dans les cabinets ministériels ; les abolos sont toujours les seules écoutées sur les questions de travail du sexe ; les cathos fachos de la Manif Pour Tous continuent de « protéger leurs enfants » du « lobby LGBTQI+ », tout en luttant contre l’IVG et en fermant les yeux sur l’inceste et la pédocriminalité ; les libéraux ne parlent de nature que pour nous enfermer dans leurs lectures biologisantes.


Bref, c’est la MERDE. Les droits qu’on a obtenus jusque là ne sont absolument pas suffisants, et ils ne seront jamais acquis, parce qu’il y aura toujours des droitards pour s’y opposer. Parce qu’on menace le patriarcat, il sera toujours contre nos existences. Parce que nos luttes sont directement liées à l’antiracisme, à l’antivalidisme, à l’antifascisme et à l’anticapitalisme, nous n’intégrerons pas la société, nous la désintégrerons.

Rendez-vous samedi 22 octobre à 14h à Sainte-Anne, parce qu’un mois par an n’est pas suffisant !

Militantisme LGBTQ+/Queer : répression et réappropriation de la violence

LE RÉFORMISME ET LE JEU POLITIQUE


La dernière causerie intitulée : « militantisme lgbt : c’est qui et c’est quoi la communauté ? » a été traversé à de nombreuses reprises par la séparation de deux lignes distinctes que nous nommerons réformiste et révolutionnaire. elle s’est traduite dans les discours par une distinction identitaire et politique entre lgbtqia+ d’une part, et tpg/queer de l’autre.

Du coté réformiste, l’acronyme extensible lgbtqia+ qui s’enracine dans le premier militantisme homosexuel (dans la période 1890-1930) était porté par des juristes et des médecins dont le but, toujours inchangé aujourd’hui, consiste à alerter élus et médias sur les discriminations, à réclamer auprès de l’etat des droits et de la reconnaissance ainsi qu’une tolérance du monde social.

Du côté révolutionnaire, on retrouve invariablement depuis les années 70 et le front homosexuel d’action révolutionnaire, le « retournement du stigmate » c’est- à-dire retourner l’insulte en fierté et en sentiment d’appartenance. d’où une proximité avec l’acronyme tpg (transpédégouine), d’où également avec le queer (qui contient cette idée de marginalité, d’inassimilable, de monstrueux).

Une première affinité avec les luttes et les rapports de force se manifeste déjà. En 2022, ces deux lignes sont devenues indépendantes avec leurs histoires, leurs pratiques, leurs discours, leurs horizons. Toutefois, cette vision duale doit être avant tout comprise comme une lecture générale qui vient rattacher la spécificité des luttes et du militantisme des minorités sexuelles à l’histoire. La ligne révolutionnaire comme appartenant à la vague mondiale du début des années 70 et s’élevant des quatre coins du monde, la ligne réformiste comme accompagnant l’histoire de la gauche institutionnelle et du droit. Il faut par ailleurs reconnaitre que nos lignes se sont déjà croisées et se recroiseront peut-être encore. Act-up en est un exemple particulièrement significatif.

La ligne réformiste trouve son affinité avec le monde associatif, avec les partis politiques de gauche et surtout avec les institutions . De l’ONG internationale à la petite association, du local LGBT municipal (prêté par la mairie) à l’émission de télévision sur le coming out, le militantisme réformiste se résume à la question de la gestion : gestion de l’homophobie (donc plus de police… ), gestion de la précarité (donc plus d’encadrement d’insertion sociale), gestion du mal-être (psychiatrisation), gestion des inégalités (accorder plus de droit, de reconnaissance).

La ligne réformiste est un dialogue avec l’État et les institutions pour gérer les populations lgbtqia+. L’horizon réformiste se définit donc par une égalité parfaite entre les différentes composantes de la société.

La ligne révolutionnaire elle, trouve son affinité avec les anarchistes et les radicaux. avec mai 68 en france et les années 70 italiennes les mouvements minoritaires (mouvement des femmes, mouvement homosexuel, mouvements des minorités ethniques, indiens métropolitains, groupes de luttes armées, mouvement squat…) se confrontent aux anciennes structures (syndicats, parti communiste, groupes gauchistes de divers tendances) avec pour enjeux une idée nouvelle de la révolution. Celle-ci devient une confrontation aux normes et aux structures sociales et psychologiques de la société et non plus une prise du pouvoir. La révolution se vit ici et maintenant.

La ligne révolutionnaire dont il est question ici (lutte contre l’hégémonie capitaliste construite historiquement sur les inégalités, la sexualité prise comme un dispositif de pouvoir, lutte contre la famille, structure de base de la société et entité affective aliénée à la production et à la reproduction, lutte contre le régime politique qu’est l’hétérosexualité) est inséparable du mouvement révolutionnaire dans son entièreté.

Il ne s’agira pas ici de faire l’éloge de la ligne révolutionnaire contre la ligne réformiste. Si elles ne sont pas dépendantes, elles permettent chacune à l’autre une liberté plus grande, une capacité d’action renouvelé (la ligne réformiste à préparé une situation dans laquelle nous pouvons nous mouvoir, affirmer, attaquer, construire. Assumer des rapports de forces. et en retour, elle bénéficie des mesures prises quant à ces rapports de forces, mouvements politiques ou autre…). La question de la ligne réformiste sera toujours celle de ne pas se compromettre, de ne pas devenir le pantin du pouvoir. La question de la ligne révolutionnaire sera celle de la pertinence et de l’ampleur de son action. Ces deux écueils devant nous pousser encore à mettre sur pied une véritable stratégie.

Enfin, une dimension essentielle sépare nos deux lignes. Celle de l’intégrité du corps,
celle de la mise en jeu de soi, celle du danger et de la violence. Si les réformistes mettent en jeu leur corps symbolique (voie de citoyen dans les urnes, présence numéraire en manifestation… ), il en va tout autrement de la ligne révolutionnaire. Et en effet, le FHAR est un exemple dont on ne se départit pas aujourd’hui. Se battre contre des fascistes, contre la police, mais aussi contre des discours médicaux, contre des procédures administratives, etc…

La question de la lutte et de la résistance aux situations que l’on nous impose implique obligatoirement, fatalement même, la question de la violence. Celle que l’on subit, encore et encore, mais aussi celle que l’on se réapproprie, pour rendre coup sur coup.

Extrait de « vers la plus Queer des insurrections »

PAR LE GANG MARY NARDI février 2009

Une proposition de définition du terme « Queer » dans « Vers la plus queer des insurrections”, traduction de Queer ultraviolence, anthologie du mouvement états-unien queer insurrectionnaliste bash back! par Fray Baroque et Tegan Fanelli.

« Certain.e.s liront ‘’queer’’ comme synonyme de ‘gay et lesbienne » ou ‘LGBT »‘. Cette lecture est inadéquate. Alors que celleux qui s’intègrent le mieux dans les constructions de « L »‘, « G »‘, « B » ou « T » pourraient tomber dans les limites discursives du queer, le queer n’est pas une zone d’occupation stable. Le queer n’est pas simplement une énième identité qui peut être punaisée sur une liste de catégories sociales nettes, ni la somme quantitative de nos identités. Il s’agit plutôt de la proposition qualitative de l’opposition aux présentations de la stabilité – une identité qui problématise les limites maîtrisables de l’identité.

Le queer est un territoire en tension, défini en opposition au récit dominant du patriarcat blanc-hétéro-monogamme, mais aussi en affinité avec tout.e.s celleux qui sont marginalisé.e.s, exotisé.e.s et opprimé.e.s. Le queer, c’est ce qui est anormal, étrange, dangereux. Le queer implique notre sexualité et notre genre, mais va bien au-delà. Il incarne notre désir et nos fantasmes, et bien plus encore. Le queer est la cohésion de tout ce qui est en conflit avec le monde hétérosexuel capitaliste.

Le queer est un rejet total du régime de la Normalité. »